‹ De la méthode littéraireChapitre 35 sur 424 · U N MOT SUR LA CLASSE · texte numérisé non relu

U N MOT SUR LA CLASSE

Après avoir constaté dans les meilleures copies le résultat de soigneuses recherches, nous avons cru devoir dicter en outre la page suivante de Brunetière, dont chaque ligne pourrait également servir de titre à toute une série de Pensées. Le lecteur choisira entre notre plan, plus voisin sans doute du projet primitif de Pascal, et celui de Brunetière, certainement plus rapproché des dernières vues du grand écrivain. Dans tous les cas, un plan, quel qu'il soit, est nécessaire : à cette condition seule les élèves pourront comprendre et retenir.

RÉSUMÉ DE BRUNETIÈRE (i)

I. — Tout en nous et autour de nous crie notre misère ; — et, dans la débilité de notre machine, — comme dans les vices de l'organisation sociale, — ou comme encore dans l'impuissance de la raison, — nous ne trouvons que des motifs de désespérer.

II. — D'où vient donc la protestation qui s'élève du fond de ce désespoir même ? — l'exception qu'à ce titre nous constituons dans la nature ? — et l'invincible confiance que nous avons dans une destinée meilleure ?

C'est ce que nous saurons si nous acceptons le dogme d'une chute originelle, — l'obligation qui nous a été imposée de l'expier, — et le dogme de la rédemption, — lesquels se trouvent être précisément les dogmes essentiels du christianisme.

Répugnons-nous peut-être à les accepter ? — Considérons en ce cas qu'il suflit d'y croire pour être aussi bons que nous le puissions être parmi les hommes ; — que ces dogmes ont, d'ailleurs, été figurés par l'ancienne loi, — annoncés par les prophètes, — confirmés par les miracles, — et qu'enfin, à défaut de notre raison, nous y pouvons toujours incliner nos volontés.

(i) Bbuketièbe, Manuel de l'histoire de la littérature française, p. i6î et i63.

Page 1