APPLICATION DE CETTE MÉTHODE A UN SUJET DE BACCALAURÉAT
SOMMAIRE
On pourrait montrer, à l'aide de cent autres exemples, que le sentiment, chez Hugo, n'est certes pas moins profond que chez Lamartine ou Musset, et qu'il est beaucoup plus varié. Toutefois, c'est plutôt par l'éclat de son imagination qu'il apparaît, au milieu des lyriques de tous les temf)s, comme le poète par excellence : il fait des sons et des images ce qu'un autre n'en saurait faire et traduit dans le langage des sens le monde des pensées invisibles. M. Faguet l'a montré avec finesse dans le chapitre ix de son étude sur Victor Hugo ; comme il est rare de trouver des analyses sur le style écrites en un style convenable, nous lirons celle-là de près. — Nous appliquerons ensuite de notre mieux la méthode à un texte proposé par l'Université de Rennes il y a quelques années.
COMPTE RENDU DE LA CLASSE
1'^'' partie : La méthode d'analyse.
Résumé du chapitre de M. Faguet.
I. — L'idée générale : Caractère essentiel d'une langue poétique.
Une langue est d'autant plus poétique qu'elle contient
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plus d'images et que les mots évoquent dans notre mémoire la couleur ou la forme d'un objet matériel. — C'était le cas des langues primitives (Homère, Odyssée), où le mot, encore proche de ses origines, rappelait beaucoup plus des choses que des idées. Dans les langues modernes, au contraire, presque tous les mots ont pris un sens abstrait qui nous fait oublier, dans la vie courante, limage colorée du début ; langues de philosophes, et non plus de peintres, elles sont d'autant moins concrètes que la pensée humaine est devenue plus lîne et plus compliquée. Que doit faire le poète moderne? Gréer de nouvelles images, ou revenir aux images primitives ; coudre à de vieux mots des sensations nouvelles, ou bien, remontant le cours des siècles, les ramener à la sensation première, et raviver en eux, fraîches comme au premier jour, les nuances de leur jeunesse.
11. — Trois idées secondaires, appuyées sur trois séries d'e:s.einples : Qualités de Uimaginalion dans Hugo.