Il ne trouve d'appui que dans la religion
a) Ici se placerait le développement sur la Grâce, que l'on est en droit d'attendre de tout fervent Janséniste. Vous pourriez, sans être \ersés dans ces obscures controverses, rappeler très simplement le dogme de la Chute et le Péché originel, affirmer que la grùce divine est nécessaire pour relever notre nature corrompue, et montrer dans la Rédemption le principe du christianisme. Quant aux textes de Pascal, ils sont très nombreux sur ce point : vous n'auriez que l'embarras du choix (surtout dans la section VlIIde l'cd. Brunschvicg).
6) Un second paragraphe serait consacré aux Miracles. Non seulement la religion chrétienne est vraisemblable, mais elle est vraie, car elle est prouvée par des miracles... Vous n'auriez garde d'oublier le miracle de la Sainte Epine, qui eut tant d'influence sur Pascal, que le « parti » regarda comme une preuve de la protection divine, et qui, de fait, découragea pour un temps les ennemis de Port-Royal.
Conclusion; et indications sur la beauté littéraire des Pensées.
Je me reprocherais. Monsieur, en présence d'une œuvre si sainte, où seule la vérité doit fixer nos regards et toucher nos âmes, de louer la beauté du style, et les ressources infinies d'une éloquence partie du cœur. Vous pardonnerez pourtant au vieux professeur de rhétorique d'éprouver à cette lecture un plaisir quelque peu profane, que S' Jérôme, non sans remords, eût probablement partagé...
— une phrase sur le mouvement oratoire.
— une phrase sur l'éclat des images.
... Mais je crois entendre, déjà, les reproches de cet écrivain qui ne consentit à l'être qu'en ignorant son génie, et qui méprisait si fort les ornements frivoles de la rhétorique. Je termine donc en m'unissant de cœur avec vous, cher Monsieur, dans une fervente prière pour l'âme de ce grand chrétien ; puissions-nous ainsi témoigner notre pieuse reconnaissance à l'homme qui, après nous avoir édifiés par sa vie, nous rappelle dans ses écrits que rien n'imporle ici-bas, si ce n'est d'aimer Dieu et de défendre la vérité.
Votre frère en Jésus-Glirist.
Re/.a.rd. — M élit. j
Si maintenant vous comparez le second sujet au premier. . . Vous demandez quelque chose, B. ?
— Oui, Monsieur. Je me demande si la lettre, ainsi traitée, ne dépasserait pas les six ou sept pages réglementaires. Vous avez indiqué trois points sans les développer, et les parties déjà rédigées paraissent bien devoir remplir à elles seules quatre pages. Pourrait-on se contenter de deux pages et demie ou trois pages pour les trois idées restantes : la grandeur et la petitesse de l'homme dans la première partie, la Grâce et les Miracles dans la seconde ?
— Assurément; et vous commettriez une faute de goût, dans une lettre familière, si vous entamiez une dissertation en règle sur chaque point. Vous devez procéder par des allusions, puisque Etienne Périer sait tous les textes par cœur. Il suffît que vos traits lui indiquent avec quel soin l'excellent l'eligieux a lu Pascal ; peu de mots sont nécessaires pour y parvenir, pourvu qu'ils frappent au bon endroit. Ces deux Jansénistes sont des « initiés », ne l'oubliez pas ; et entre deux initiés la plus discrète allusion éveille un long cortège de souvenirs... Tenez-vous à vous en assurer? Quel point préférez-vous que nous rédigions? — La Grâce et les Miracles ?... Les textes sont bien spéciaux. — Épictète et Montaigne?... Ce n'est pas l'idée la plus importante : deux grandes phrases, à cet endroit, doivent suffire. — Reste le premier point, le plus beau, le plus difficile aussi à résumer, parce qu'il est le plus fécond : le morceau des deux infinis et les Pensées qui le suivent. Tirons-en notre paragraphe par une simple analyse.
Ouvrez vos livres. Lisez-nous, C, dans l'article I de l'édition Havet, tous les débuts d'alinéas, et rappelez-nous le sujet de chacun d'eux. J'écris au tableau, sous votre dictée.
Petitesse de l'homme en face de la nature.
L' infiniment grand :
— le soleil et le vaste tovir qu'il décrit.
— les astres du firmament sont autant d'autres soleils.
— ceux que l'imagination devine au delà.
— la sphère infinie... Qu'est-ce qu'im homme auprès de l'infini ?