Lettre
Réclamation d'un spectateur, le lendemain de la première représentation des « Précieuses ridicules ».
Un bourgeois de Paris, âgé d'environ 65 ans, fait part à Molière de ses impressions. — II lui adresse ses compliments ; il trouve que l'auteur a signalé de la manii re la plus heureuse les faiblesses et les ridicules des faux Précieux, et môme des vrais Précieux ; il aime avec lui la nature, la simplicité, la franchise ; il salue l'apparition d'un art nouveau. — Il souhaiterait, pourtant, que Molière, dans la préface de sa pièce imprimée, rendît juslici' au mérite des Précieuses, qu'il rappelât leurs bonnes intentions, les services qu'elles ont rendus, le talent des écrivains encouragés par 1' « incomparabie Arlliénice »,
9^ l'eSPMT classique au XVII* SIÈCLE
qu'il montrât même quelque indulgence pour la « trop aimable Sapho ». Leurs défauts ne sont guère que l'excès de leurs qualités. Molière se doit de le rappeler.