HISTORIQUE
Le retour de l’utérus à son état primitif après l’accouchement et l’avortement, la durée de ce retour, les causes et les conséquences de l’arrêt de ce travail physiologique ont été étudiées à diverses époques par un certain nombre de gynécologistes ; et, si tous ne s'accordent pas sur la manière dont il s’opère, ni sur sa durée, les opinions sont identiques quant aux conséquences.
La question a été bien étudiée en Allemagne, en Angleterre et en France.
Le Dr Lever, en 1844, dans Guy s hospital reports , signale
l’hypertrophie de l’utérus par suite de l’arrêt ou de la lenteur dans le retour de l’organe à ses dimensions normales.
Le Dr Snow Beck rapporte à la Société médicale de Londres ( The Lancet , avril 1851) un cas d’hypertrophie de l’utérus sous le nom de « une nouvelle maladie de l’utérus. »
Simpson, en 1853, dans sa Clinique obstétricale et gynécologique, traduite par M. le Dr Chantreuil, étudie l’involution de l’utérus, sa marche et son arrêt.
Il cite, à l’appui, des observations de malades chez lesquelles, à la suite de l’accouchement et de l’avortement, l'utérus était resté pesant et augmenté de volume au point de faire croire, chez l’une du moins, à une tumeur.
Aran, à l’hôpital Saint-Antoine, fait, en 1858, dans ses leçons cliniques sur les maladies de l’utérus et de ses annexes, une belle étude sur l’arrêt d’involution.
Il insiste sur ses causes et sur ses suites et en tire comme conséquence, la congestion de l’utérus, la métrite parenchymateuse aiguë et surtout la métrite parenchymateuse chronique.
A la même époque, le DT Wieland (thèse, Paris, 1858) publie une étude très-intéressante et très-approfondie de ce sujet, dans laquelle il traite particulièrement de la durée du travail régressif de l’utérus. Il donne des mensurations du volume de cet organe dont il a suivi, jour par jour, la marche rétrograde.
Depuis lors, West, en Angleterre, Scanzoni, en Allemagne, ont insisté sur l’arrêt d’involution comme cause d’affections utérines. Ils en ont étudié l’étiologie, le processus et, quoique n’étant pas d’accord sur la manière dont s’opère cet arrêt, iis en déduisent les mêmes conséquences.
M. Le Dr Autefage, en 1869, publie, dans sa thèse inau-
gurale, un travail très -intéressant sur le retrait de l’utérus après l'accouchement. Il suit, pas à pas, les modifications subies par la tunique musculeuse et par la muqueuse, tant du corps que du col, et il présente un tableau donnant la mensuration de la matrice prise dans sa hauteur réelle, dans sa hauteur au-dessus des pubis et dans sa largeur, du premier au douzième jour après l'accouchement.
Le Dr Chenet (thèse sur l’involution utérine, 1877) a résumé dans cet important travail les opinions des principaux auteurs qui ont étudié la question jusqu’à ce jour, au point de vue de la durée du travail de régression et de son processus, de ses causes et de ses suites qu’il borne à une seule, l'engorgement utérin, refusant d’admettre la métrite parenchymateuse comme conséquence possible.
Enfin, parmi les auteurs qui ont accordé à l’arrêt d’involution de l’utérus une importance de premier ordre dans les affections utérines, nous pouvons citer : Chomel (Dictionnaire de médecine en XXX volumes, inflammation de l’utérus); MM. les Drs Arnould, Rozier (thèses, 1859), Freminéau, Picard (1862), Becquerel (Traité des maladies des femmes, 1859), Dr Elleaume (1869), Fabre (thèse, 1872), Bennett (Traité pratique de l’inflammation de l’utérus, traduction de M. Michel Peter), M. le professeur Courty, Gallard, Hervieux, Robert Barnes, Demarquay et Saint-Vel, Dr de Sinéty. Tous ces auteurs ont signalé la chose et n’ont apporté aucun élément nouveau à la question.
N’oublions pas Kôlliker, Ileschl, Retziusde Copenhague, Frey, Rindfleisch et particulièrement notre savant histologiste français, M. le professeur Ch. Robin, qui, par leurs remarquables travaux en histologie, ont contribué dans la plus large mesure à éclaircir la question, grâce à la connaissance parfaite qu’ils nous ont donnée de la structure
de l’utérus et des modifications que subissent, pendant la grossesse, les éléments dont il est formé.