‹ De la métrite chronique dans ses rapports avec l'arrêt d'involution de l'utérus après l'accouchement et l'avortementChapitre 5 sur 8 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

La métrite parenchymateuse chronique peut être confondue :

1° Avec la grossesse au début;

2° Avec les corps fibreux;

3° Avec les polypes ;

4° Avec une tumeur des ovaires ;

bu Avec le cancer quand il y a ulcération du col.

L’hypertrophie de l’utérus, résultant d’un arrêt dans le retour de cet organe à son volume primitif, pourrait être confondue avec une grossesse à son début.

Cette erreur sera évitée si l’on examine avec soin l’état général de la malade.

Si l’écoulement menstruel est supprimé, s’il survient

des nausées, des vomissements, si les seins deviennent plus gros, plus douloureux, s’entourent d’une aréole brune, si le col exempt d’ulcération donne la sensation d’un tissu ramolli au niveau du museau de tanche, il y a lieu de diagnostiquer une grossesse, surtout s’il se joint à ces signes précédents une coloration violacée des organe s génitaux externes et du vagin.

Les corps fibreux qui pourraient faire croire à une hypertrophie de la matrice sont les corps fibreux interstitiels et les sous-muqueux. Quant aux corps fibreux souspéritonéaux, ils donnent, quand on pratique le palper abdominal, la sensation de corps ronds ou bosselés qu’on sent facilement à travers les parois abdominales.

Les corps fibreux interstitiels sont beaucoup plus difficiles à distinguer. Cependant, on pourra soupçonner leur existence, si l’augmentation de la matrice ne coïncide pas avec un accouchement récent et surtout si la malade est en proie à des hémorrhagies utérines abondantes.

La sonde utérine introduite dans la cavité de l’utérus donne d’ailleurs des notions précises sur l’existence d’un corps fibreux sous-muqueux.

On pourrait encore confondre l’hypertrophie de l’utérus avec les polypes développés dans la cavité utérine. Mais lorsque ceux-ci sont arrivés à un certain développement, outre les hémorrhagies qu’ils déterminent, absolument comme les corps fibreux sous-muqueux, ils dilatent le canal cervical et, si le doigt ne peut les atteindre, la sonde utérine dénote leur existence.

Scanzoni cite, parmi les maladies qui peuvent faire croire à une urétrite parenchymateuse chronique, les tumeurs des ovaires lorsqu’elles sont solides.

Elles peuvent s’être développées derrière la matrice et comprimer la portion cervicale en avant : « On pourrait

dit-il, songer à une rétroversion de la matrice hypertrophiée; cependant il faut se rappeler que, dans ce dernier cas, le sommet de la portion vaginale n’est pas dirigé en avant, mais directement en bas.

« La sonde utérine pénètre facilement jusqu'au fond utérin et en tournar t la concavité de l’instrument en avant, lorsque la paroi abdominale est peu tendue, on trouve presque toujours, entre la main placée sur l’abdomen et la sonde utérine, le fond de l’utérus qui se relève en haut au moyen de l’instrument, tandis que la tumeur située derrière la matrice ne quitte pas sa place. Ces différents signes feront admettre positivement le diagnostic d’une tumeur qui n’a pas son siège dans la matrice. »

Mais, quand la tumeur ovarique se trouve placée entre la matrice et la vessie, il se produit, d’après le même auteur, une rétroversion et même souvent une rétroflexion que la sonde utérine révèle à l’explorateur.

Dans ce cas, outre la direction qu’il faut imprimer à la sonde pour pénétrer dans la cavité utérine, si, une fois qu’elle y est entrée, on veut ramener le fond de l’titérus en contact avec la paroi abdominale, on ne peut y parvenir.

Le cancer donne la sensation d’une masse bosselée, irrégulière, provoquant des hémorrhagies quelquefois abondantes.

11 se distingue surtout par son développement lent, par la cachexie qui s’accuse chez les malades, par un amaigrissement rapide, par la pâleur de la peau et la teinte jaune paille du visage, et par l’odeur infecte des pertes sanieuses ou ichoreuses qui tachent le linge, comme une eau roussâtre.

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