MARCHE. — DURÉE. — TERMINAISON. — PRONOSTIC
La marche de la métrite parenchymateuse chronique est très-lente.
Cette affection peut mettre des années h évoluer et ce n’est souvent que bien longtemps après son début que les malades, qui en sont atteintes, se décident, poussées par la trop grande souffrance, à avoir recours aux soins du médecin.
Aussi sa durée est-elle très-longue et même suivant certains auteurs indéfinie. Il ne faut pas cependant désespérer de la guérison quand la lésion n’a pas franchi la première période.
A ce moment, si l’on parvient à vaincre l’état congestif de l’organe, rien ne s’oppose à la guérison, et, si l’on n'est pa trop éloigné de l’époque à laquelle a eu lieu l’accouchement, on peut même espérer voir reprendre le travail de 'évolution rétrogade.
Lorsque la métrite parenchymateuse chronique est parvenue à la seconde période où le tissu presque en entier a subi une transformation fibreuse, il est permis de dire qu’on ne doit guère espérer qu’une amélioration de la maladie. On peut obtenir la guérison de l’endométrite lorsqu’elle accompagne la métrite parenchymateuse, on peut guérir les ulcérations du col, mais il reste toujours dans l’organe des lésions de texture qui l’exposent constam-
ment à des récidives sons l’influence d’une cause provocatrice quelconque : imprudence, excès de coït, grossesse, écarts de régime.
Suivant M. Courty (1), « la principale cause anatomique de cette rareté de guérison de la métrite chronique, est la persistance de la dilatation vasculaire entretenue par une trop longue congestion et par la perte de tonicité normale des parois artérielles et veineuses qui en est la conséquence. »
La seule cause qui peut avoir une influence sur sa guérison paraît être, suivant Bennett (2), la ménopause. Voici ce que dit ce savant gynécologisle, dans son ouvrage :
« L’atrophie de l’appareil utérin qui suit physiologiquement la ménopause exerce sur toute affection utérine, alors existante, une influence aussi incontestable que salutaire.
« Aussi, par le fait de cette influence et sans traitement, beaucoup de femmes guérissent-elles, peu à peu, d’une inflammation utérine méconnue, et qui pendant de longues années avait empoisonné leur existence.
« De là vient, je crois, l’opinion vulgaire que, si une femme qui s’était jusque-là mal portée, traverse heureusement cette période critique de la vie, elle peut se rétablir définitivement et jouir d’une excellente santé...
« L’utérus n’étant plus le siège de ces congestions périodiques qui rendent la métrite si difficile et si lente à guérir, la maladie s’use peu à peu d’elle-même, et la guérison est ainsi naturellement obtenue. »
(d) Courty. Loc. cit.
(2) Traité des maladies de l’utérus,
traduction de M. M. Peter.