TRAITEMENT
Le traitement de la métrite parenchymateuse chronique avec hypertrophie de l'utérus réclame les soins les plus attentifs de la part des gynéeologistes.
Comme pour toutes les affections de l’utérus, on a eu recours, pour obtenir sa guérison, k une quantité innombrable de moyens, et, comme dit M. Gallard dans sa leçon sur le traitement de la métrite chronique, publiée dans la Gazette des hôpitaux du 24 septembre 1878, « cette grande variété de la médication fait supposer immédiatement que si l’on s'est adressé à tant de moyens, c’est probablement parce qu’ils échouaient successivement »
Nous sommes convaincu que si les traitements qu’on a employés contre la métrite parenchymateuse chronique n’ont pas donné de résultats satisfaisants, c’est qu’on s’est bien souvent contenté de s’adresser à l’état local, sans porter ses regards vers l’état général lésé, toujours et sur tant de points à la fois, dans l’affection qui nous occupe.
Nous ne parlerons pas de la guérison possible de la maladie arrivée à la deuxième période. Elle est impossible, si l’on entend par guérison le retour de l’organe à ses dimensions primitives, en un mot la guérison anaLnmo-pathologique.
On pourra obtenir une amélioration telle que la malade ne souffrira pas, quelle jouira d’une santé relativement bonne, tout en étant exposée à voir récidiver sa maladie sous l’influence de causes diverses.
Quant à la première période, si l’on peut parvenir à faire
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cesser l’état congestif de l’organe avant que la prolifération du tissu conjonctif ait tranformé les éléments du tissu utérin et créé, pour ainsi dire, un tissu nouveau, il sera permis d’espérer obtenir sinon une guérison parfaite, du moins une amélioration qui pourra passer pour telle.
La médication doit, nous l’avons déjà dit, être dirigée vers l’état local et vers l’état général.
Le premier soin du gynécologiste en présence d’une métrite parenchymateuse chronique succédant à un arrêt dévolution de l’utérus, surtout à la première période, c’est-àdire à la période d’infiltration, doit être d’obtenir le dégorgement de l'organe.
Les moyens, encore actuellement en vigueur, sont les an* tiphlogis tiques, sous forme de saignées locales faites sur le col :
Au moyen de sangsues dont l’emploi, d’après Becquerel, dans son Traité clinique des maladies de l’utérus, date de Zacutus Lusitanus, en 1 652;
Au moyen de scarifications, procédé moins avantageux, d’après Scanzoni, quant à la quantité de sang enlevé à l’organe, mais préférable au point de vue de la mesure de cette quantité ;
Sous forme de saignée générale, de cataplasmes, bains locaux.
Aran préconisait, à la seconde période, l’emploi de vésicatoires sur le col, laissés en place pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures et qu’on renouvelait aussitôt que l’épithélium s’était reformé.
M. Gourty recommande l’ignipuncture.
Les médicaments altérants n’ont pas donné de résultats bien satisfaisants.
Nous proposerons l’emploi des pansements glycérinés, tels que nous les pratiquons chaque jour, tant à la clinique
de M. Chéron que dans notre service de Saint-Lazare, et dont l’efficacité nous est démontrée depuis longtemps par des résultats qui ne permettent aucun doute.
M. le Dr Cheron a démontré , au moyen d’expériences nombreuses et des plus rigoureuses, le pouvoir osmotique considérable de la glycérine pure, c’est-à-dire marquant 30 degrés à l’aréomètre de Baumé.
L’expérience qu'il a exposée, l’année dernière, dans ses leçons à l’Ecole pratique, consistait à introduire dans une vessie surmontée d’un tube de verre, une certaine quantité de glycérine et à placer cette vessie dans un vase contenant de l’eau. Au bout de quelques instants, l’eau passait en si grande abondance dans la vessie que le liquide s'écoulait bientôt par l’extrémité supérieure du tube de verre.
Il a conseillé d’employer ce pouvoir osmotique de la glycérine au dégorgement de l’utérus dans les cas de congestion intense de cet organe.
Le pansement glycériné se fait de la façon suivante : un tampon d’ouate est imbibé de glycérine pure rectifiée et placé sur le col mis à découvert au moyen d’un spéculum. Les malades le gardent environ de dix-huit à vingt-quatre heures.
La glycérine exerce son pouvoir osmotique à travers les parois du col de l’utérus et attire au dehors la partie liquide contenue dans les vaisseaux utérins engorgés.
Sous l’influence de ce traitement, la décongestion est rapide. Les malades perdent une sérosité transparente et claire, en grande abondance, et le volume de l’organe diminue sensiblement au bout de quelques pansements.
Quand la metrite chronique a atteint la deuxième période où l’organe envahi par la prolifération du tissu conjonctif est réduit à l’état d’un véritable corps fibreux, les pansements glycérinés sont un excellent moyen auquel il
faut joindre l’application des intermittences du courant continu sous l’influence desquels les éléments de l’utérus subissent une sorte de massage interstitiel. Le calibre des vaisseaux est rétréci sous l’influence de l’excitation de leurs fibres lisses, l’apport du liquide est moins grand et il s’ensuit une dénutrition qui favorise la diminution de volume de l’organe.
Dans les cas d’ulcération du col, il faut se borner aux pansements glycérinés qui, en décongestionnant l’organe, arrêtent la prolifération du tissu conjonctif sous-muqueux, et, par conséquent, suivant la théorie que nous avons émise sur leur formation, enrayent leur production.
Lorsque l’ulcération offre un aspect papillaire, bourgeonnant ; lorsque la muqueuse qui recouvre le museau de tanche autour de l’ulcération est rouge violacé, une saignée du col produit le meilleur effet.
Il suffit, dans ce cas, de faire avec un instrument piquant, une pointe de troqcart par exemple, un certain nombre de piqûres superficielles. Il se fait un léger écoulement de sang qui, reproduit pendant plusieurs jours de suite, apporte une prompte modification de l’ ulcération.
Dans le cas où l’endométrite est venue compliquer la métrite parenchymateuse chronique et produit un catarrhe abondant, souvent purulent et quelquefois même une disposition aux hémorrhagies, telle que le col saigne au contact seul du spéculum, les injections intra-utérines d’acide picrique en solution aqueuse concentrée, étendue de moitié d’eau, nous a toujours donné des résultats rapides et heureux. Les injections intra-utérines qui ont émubeaucoup degynécologistes et desquelles on a dit tant de mal, sont sans inconvénient lorsqu'elles sont faites avec prudence, c’est-àdire, pendant la quinzaine qui commence huit jours après et finit huit jours avant les règles, et surtout avec la solution aqueuse d’acide picrique dont M. le D1' Chéron a re-
connu le pouvoir anti-inflammatoire et la propriété de coaguler les matières protéiques contenues dans le sang et la lymphe, propriétés dont il a donné connaissance au Congrès de Bruxelles en 1876.
Contre les flueurs blanches, il faut donner des injections astringentes. Celles à qui nous donnons la préférence sont les injections d’eau de goudron tiède faites deux fois par jour, ou le coaltar saponiné de Lebœuf. Nous ne parlerons pas des cautérisations au nitrate d’argent, faites, soit avec le crayon, soit avec une solution forte à 50 pour 100, dont les résultats sont selon nous insuffisants.
Beaucoup de gynécologistes emploient le perchlorure de fer, le tannin, assez fréquemment l’acide chromique, le cautère actuel, qu’on applique au moyen d’un fer rougi au feu ou du galvano-cautère ou du thermo-cautère du Dr Paquelin.
11 faut avoir soin, lorsqu’on veut employer le cautère, de mettre le col à découvert avec un spéculum en bois ou en ivoire, corps mauvais conducteurs, afin d’éviter la propagation de la chaleur du fer aux parois du vagin, ce qui aurait pour inconvénient de brûler vivement la malade. Aussitôt la cautérisation faite, il faut avoir soin de pratiquer d’abondants lavages sur le col avec de l’eau froide.
Contre les douleurs névralgiques qui accompagnent la métrite parenchymateuse chronique, nous emploierons les frictions sur la région delà moelle qui est atteinte, région lombaire et région sacrée.
Ces frictions se composent d’un mélange d’éther, chloroforme, alcool camphré.
Alcoolat de Fioravanti. Eau de Cologne.
Baume tranquille.
Les applications de teinture d’iode pure ou laudanisée.
Et si la pression sur la colonne vertébrale au niveau d’émergence des nerfs est très-douloureuse, si on trouve
des signes d’irritation spinale, nous n’hésiterons pas à appliquer des pointes de feu, soit avec un îer rouge, soit avec le thermo-cautère, sur la portion de la moelle atteinte ou de petits vésicatoires sur les points douloureux. Car il faut combattre à tout prix les symptômes d'irritation du côte de la moelle. L’emploi de ces moyens aura pour suprême avantage de permettre aux centres d’innervation vaso-motrice de reprendre leur tonicité perdue; 1‘ irritation , produite par la névralgie, venant à cesser, et la moelle cessant d'être irritée, le dégorgement des vaisseaux se faisant, d’autre part, la congestion, condition première de l’évolulion de l’arrêt d'involution et de la métrite, devra promptement disparaître.
Nous conseillerons l’hydrothérapie chez les femmes nerveuses et anémiques, concurremment avec l’emploi du fer et du quinquina.
Contre les troubles digestifs, des amers, des eaux de Vichy et, comme amer et tonique de premier ordre, l’acide picrique en solution aqueuse d’après la formule deM. Chéron, à prendre par verres à bordeaux avant chaque repas.
La constipation, qui est une complication fréquente, doit être l’objet de l’attention du médecin, car elle favorise on ne peut mieux la persistance de la congestion.
On arrivera à la combattre au moyen de purgatifs légers répétés de temps en temps; eau de Pulna, eau de Birmenstorff, d’Hunyadi-Janos, magnésie calcinée, au moyen du séné, de la rubarbe, du podophyllin associé à l’extrait de jusquiame. Les phénomènes nerveux, changement de caractère, tristesse, colère seront combattus par la distraction, l’hydrothérapie et les préparations d’acide valérianique.
Contre la céphalalgie, le bromure de potassium, le sulfate de quinine.
La diathèse herpétique sera traitée par les arsenicaux, l’arthritisme par les eaux de Vichy, bicarbonate de soude.
La scrofule par les eaux sulfureuses, l’huile de foie de morue, etc.
Obs. IV (personnelle). — Hypertrophie et engorgement utérins consécutifs à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement et l’avortement.
Madame P..., âgée de il ans, sans profession, se présente à la clinique de M. le Dr Chéron le 27 avril 1878.
Réglée à 14 ans, régulièrement de tout temps, pendant trois jours par mois, avec une légère avance de deux à trois jours.
Elle a eu neuf enfants, une fausse couche et trois enfants ensuite. Le dernier enfant est né il y a huit ans.
Femme très-active étayant à s’occuper de ses nombreux enfants et de son ménage, elle n’a pris que le temps strictement nécessaire pour se reposer après chaque accouchement. De plus, ses grossesses ont été très-nombreuses et très-rapprochées.
Aujourd’hui elle se présente avec des douleurs dans la région lombaire, s’irradiant dans le bas-ventre, les hypocondres et le devant des cuisses. Douleurs dont elle souffre depuis bien des années et surtout depuis son dernier enfant. Ces douleurs sont devenues intolérables.
Elle ne peut marcher ni se tenir debout et semble devoir s’évanouir si elle persiste à rester dans la station verticale.
Pesanteur très-pénible dans le bas-ventre depuis son dernier enfant. Cette sensation augmente tous les jours.
Mauvais sommeil, mauvaises digestions, gonflements d’estomac après les repas et chaleurs au visage.
Constipation opiniâtre depuis de nombreuses années.
Hémorrhoïdes qui sont quelquefois lluenteset qui sont l’indice d’une vive congestion rectale. Fas de pertes blanches.
Au toucher, on trouve un col très-gros et dur, les culs-de-sac libres, l’utérus lourd à remuer, une petite masse dure, à l’union du corps et du col à droite, très-sensible au toucher. L’utérus est abaissé sans antéversion.
Au spéculum, le col est [congestionné, énorme, sans ulcération, présentant quelques ecchymoses.
L’isthme est infranchissable. On trouve des points apophysaires doul mieux dans les régions lombaire et sacrée.
Le traitement consiste en fr étions au moyen d’un liniment laudanisé sur la région lombaire; pilules de podophyllin contre la constipation, amers.
Pansements glycérinés appliqués sur le col trois fois par semaine.
Ce traitement continué avec persistance apporte une amélioration très sensible, et le 18 octobre, moins de deux mois après la première vi'itede la malade, on no'e : estomac en bien meilleur état, plus de constipation, névralgie lombo-abdominale très-améliorée ; meilleur état des forces de la malade.
Col toujours un peu gros, moins ecchymosé.
Le 27 décembre, la malade se plaignant de faiblesse et de bourdonnements d’oreilles, on fait l’analyse du sang au moyen de l’Iiémati mètre de MM\ H iyem et Nachet et cette analyse donne le chiffre de 4,991,000 globules, tiès peu éloigné, il est vrai, du chiffre normal.
On ordonne : fer dyalLé Bravais.
Enjmvier, l’amélioration s’est énormément accentuée.
Il n’y a presque plus de douleurs de reins; la malade marche facilement; le col est beaucoup moins gros, les ecchymoses sont en grande partie disparues.
La malade constate depuis quelque temps une diminution considérable du volume du ventre.
Depuis cette époque, elle ne vient plus qu’à intervalles éloignés, atin de faire constater le maintien de son état satisfaisant.
Obs. V (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique à la première période, compliquée d’endométrite, avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement.
Madame M..., âgée de 35, sans profession, se présente à la clinique de M. le Dr Chéron le 15 juillet 1878.
Réglée à 15 ans, toujours très-irrégulièrement.
Depuis quelques mois, les règles viennent tous les quinze jours et ont une durée tantôt cuurte, tantôt longue.
Elle a eu un enfant il y a trois mois. L’accouchement a été facile. Après un repos au lit de huit jours à peine, elle s’est levée, est sortie
et s’est remise au travail journalier que nécessitent les soins du ménage.
l’eu sujette aux pertes blanches, violentes douleurs de reins qui ont débuié après Sun accouchement et ont augmenté d’intensité île jour en jour. Névralgie lombo-abdominale s’irradiant d ms 1 abdomen. Points apophysaires douloureux à la fin de la région dorsale et à la région lombaire, Phénomènes dyspeptiques.
Douleurs de tête fréquentes, battements de cœur, étouffements.
La malade tousse beaucoup, transpire la nuit, a beaucoup maigri depuis quelque temps et cependant l’auscultation du poumon ne révèle rien ; quelques douleurs rhumatismales.
Diathèse herpétique.
Au toucher, ou trouve les culs-de-sac libres, l’utérus mobile, mais lourd à remuer; il est abaissé et en antéversion. Le col est à deux doigts de la vulve et frotte sur le plancher vaginal. On sent l’augmentation de volume de l’utérus dont le fond dépasse les pubis.
Au spéculum, on constate une ulcération siégeant sur les deux lèvres du museau de tanche dont l’antérieure est renversée en forme de corne. Le col a une coloration ardoisée, saigne au moindre contact du spéculum et a l’aspect infiltré de la première période de la métrite ch ronique.
L’isthme est largement ouvert ; la sonde pénètre dans la cavité utérine à 88 millimètres.
Le palper abdominal révèle l’existence de la névralgie lombo-abdominale par la douleur que cause le pincement de la peau de l’abdomen. Points des grandes lèvres.
Le traitement est dirigé contre la constipation et les phénomènes dyspeptiques; comme traitement local, les pansements glycérinés sont employés.
Trois mois après, l’amélioration est notable du côté de l’appareil digestif; l’ulcération est en pleine voie de réparation ; mais il se déclare de temps en temps des hémorrhagies qui durent plusieurs jours et qui, fréquemment répétées, affaiblissent beaucoup la malade. Continuation des pansements glycérinés.
C.'tte tendance aux hémorrhagies se prolonge jusqu’au mois de janvier.L’ulcération se répare, mais le col est toujours gros et hémorrhagique. La lèvre postérieure du col est tuméfiée.
Le 6 janvier on pratique la première injection intra-utérine d’acide picrique en solution aqueuse.
Cette injection arrête l’hémorrhagie qui ne reparaît que le 22 et encore cette perte coïncide avec l’époque des règles. L’état général est sati'faisant.
Le 27 janvier, une petite perte reparaît, mais s’arrête presque immédiatement.
Une seconde injection arrête encore l’hémorrhagie qui n'a plus reparu depuis.
Continuation des pansements glycérinés.
Le 4 avril, l’ulcération est complètement réparée; c’est à peine s’il reste un peu de rougeur autour de l’orilice du canal cervical.
Le cul est énormémentdiminué de volume, a une coloration presque normale; l’état général e't très-bon. La malade ne se plaint que de quelques douleurs gastralgiques combattues parle mélange des sirops d’éther, morphine et térébenthine.
Depuis elle n’est pas revenue, ce qui est une preuve de l’état satisfaisant dans lequel elle se trouve.
Obs. YI (personnelle). — Hypertrophie et engorgement utérins consécutifs à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement et l’avortement.
Madame B. . . , blanchisseuse, âgée de 48 ans, se présente à la clinique de M. le DrChéron le 4 octobre 1878.
Réglée à 14 ans, toujours très-régulièrement.
Ménopause il y a un an.
Elle a eu quatre enfants et quatre fausses couches. Les couches ont été toutes faciles. Cette femme, très-active, et ayant un état très-fatignnl, l’obligeant à rester constamment debout, n’a pris que le repos strictement indispensable après chaque accouchement.
Elle est restée à peine alitée six jours. A la suite des fausses couches, elle n’a pris aucune précaution et s’est remise chaque fois au travail sans aucun ménagement.
Depuis longtemps elle souffre dans le bas-ventre. Elle y éprouve des sensations de chaleurs brûlantes.
Elle n’a ni constipation, ni pertes blanches abondantes; quelquefois des douleurs de reins (névralgie lombo-abdominale).
Elle souffre surtout en voiture, le moindre cahot lui est excessivement pénible à supporter.
Bon appétit, bonnes digestions.
Elle a eu autrefois des varices aux mollets. Ces varices se sont ulcérées.
Sujette quelquefois à des douleurs rhumatismales.
Au toucher, on trouve les culs-de-sacs libres, un utérus peu mobile et dont la face postérieure principalement est augmentée de volume. Antéversion sans grand abaissement.
Col gros et dur.
On ne sent pas l’utérus au-dessus des pubis.
Le spéculum ofire à constater un col très-gros, d’une teinte ardoisée.
Le méat du canal cervical e-.t largement béant et laisse apercevoir la muqueuse du canal rouge.
La sonde utérine passe facilement et pénètre à 8 centimètres et demi. Les organes externes sont violacés; ils ont l’aspect que donne une congestion poussée à l’extrême.
Comme tr.iitement, on ordonne des frictions contre la névralgie lombo-abdominale.
Bromure de potassium, 2 grammes par jour. Bains sulfureux et des pansements glycérinés qui sont effectués trois fois par semaine.
Ces pansements font perdre unegrandequanlité d’eau à ia malade et dès le 1 4 octobre la rougeur ducolet des organes externes est moins intense.
Le 18 elle n’éprouve plus de sensation de brûlure dans le basventre.
' Les douleurs de reins présentent une grande intensité et on a recours aux pointes de feu appliquées sur la région dorso-lombo-sacrée au moyen du cautère Paquelin.
Le 4 novembre. Améliorationtrès-sensible dans la névralgie lomboabdominale.
Le col est moins gros, la couleur redevient à peu près normale. L’orifice du canal cervical est complètement décoloré.
Malgré quelques poussées de congestion, dues à ce que la malade se livre toujours à ses travaux pénibles du blanchissage, l’amélioration s’accentue de jour en jour. Le traitement reste le même. Pansement glycériné. Pointes de feu.
En janvier, il survient de vives démangeaisons à la vulve, contre lesquelles on ordonne des lotions avec de la liqueur de Van Swieten (4 à 6 cuillerées dans un litre d’eau) qui calment complètement les démangeaisons au bout de trois ou quatre applications.
En mars. Après quelques séances d’irrigations continues de 20 à 25
minutes de durée, la décongestion du col s'accentue davantage, l’utérus a considérablement diminué de volume, les douleurs dans ies reins et dans le ventre ont disparu et la malade se trouve très-bien. Elle travaille sans latigue et n’a plus besoin que de venir de temps en temps aliu de surveiller l’état du col.
Obs. Vit (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du coi, consécutive à l’arrêt d’involulion de l’utérus après l’accouchement.
Mme M âgée de 40 ans sans profession, se présente à la clinique
de M. le Dr Cliéron le 8 novembre 1878.
Réglée à 14 ans toujours très-régulièrement et peu abondamment.
Elle a eu trois enfants, dont le dernier il y a cinq ans. Ses couches ont été faciles. Après le dernier accouchement, elle s’est levée au bout de 9 jours et a repris ses occupations habituelles, ménage, courses, etc., elle n’a pris en un mot aucune précaution. Toujours sujette aux pertes blanches.
Névralgie lombo-abdominale représentée par des douleurs violentes dans les reins, s'irradiant dans l’abdomen et sur ledevant descuisses» de temps en temps la malade est atteinte d’un violent point de côté, à gauche, qui lui cause d’atroces douleurs. Constipation opiniâtre, Règles très-douloureuses. Assez bon appétit, mais digestions difficiles, rougeurs au visage, chaleurs après les repas. Maux de tête trèsfréquents. Pas de douleurs rhumatismales.
Diathèse herpétique manifestée par des démangeaisons et des pellicules dans la tête. Eruption de petits boutons avec démangeaisons sur les épaules, les bras et dans le dos
Au toucher, on trouve un abaissement considérable de l'utérus. Les culs-de sacs sont occupés par une masse qui n’est autre que l’utérus augmenté de volume.
Le col porté en arrière par l’antéversion est gros et appuyé sur le plancher vaginal.
Au spéculum on constate que le col est gros et très-rouge.
Il est le siège d’une large ulcération qui recouvre les deux lèvres du museau de tanche renversées en forme de bourrelet et sur lesquels s’étale la muqueuse herniée du canal cervical.
L’isthme est largement ouvert et la sonde utérine pénètre à 8 centimètres dans la cavité augmentée de volume.
Le traitement consiste en frictions sur la région des reins contre la névralgie.
Bromure de potassium 2 gr. par jour contre les troubles de l’estomac et les maux de tête. — Médicaments contre la constipation et pansements glycérines appliqués sur le col. Dès les premiers jours la malade n’a plus de constipation. Les règles arrivent au moment voulu sans douleur et il ne lui reste plus que ses douleurs de reins et dans le ventre.
13 décembre. On note une amélioration dans l’ulcération.
10 janvier. La malade se plaint d’avoir eu d’abondantes pertes blanches contre lesquelles on ordonne des injectionsd’eau de Goudron tiède.
A la fin de janvier, époque des règles, l’écoulement a été très-long et très-abondant (12 jours]. — Il y a moins de douleurs de reins et moins de pertes blanches.
L’état de l’ulcération s’améliore toujours sous l’influence des pansements. Le col est moins gros et revient peu à peu à la coloration normale.
12 mars. La malade se présente à la consultation. Elle n’est pas venue depuis un mois et a eu, dit-elle, depuis jsa dernière visite, des pertes qui ne l’ont pas quittée.
L’époque des règles approche.
Aussitôt après elle prendra une potion avec
Ergot i ne 2 gr.
Extrait de Belladone 0, 10 cent.
Julep. gommeux 120 gr.
de 4 à 6 cuillerées à café par jour.
Le 26. On commence d'application des intermittences du courant continu, pôle positif sur le col, négatif sur l’abdomen. Depuis ces applications qui sont répétées 2 fois par semaine, les pertes n’ont pas reparu; les règles sont redevenues normales et en ce moment la malade est dans l’état suivant :
Ulcération en grande partie réparée ; col "presque normal, l’utérus très-diminué de volume, encore quelques douleurs de névralgie lombo-abdominale, surtout lorsqu’il fait froid et humide. Plus de constipation.
Obs. VIII (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique hypertrophique compliquée d’endométrite, avec ulcération du col consécutive à l’arrêt d’involuiion de l’utérus après l’accouchement.
M”e Ch âgée de 33 ans, institutrice, se présente à la clinique
de M. le Dr Chéron, le 18 décembre 1878.
Réglée à 14 ans, très-régulièrement tous les 27 ou 28 jours.
Elle n’a jamais eu de fausses couches.
Elle a eu 4 enfants dont le plus jeune a 6 ans.
Après chaque accouchement, elle a toujours pris très-peu de repos ; elle restait de huit à neuf jours couchée puis se levait, reprenait ses travaux habituels, souvent très-pénibles. Après le dernier enfant surtout, elle n’a pris aucun ménagement. Toujours sujette aux pertes blanches. Depuis un an elles sont purulentes ; il y a même un peu de sang. Les règles n’en sont pas moins régulières.
Depuis son dernier accouchement, c’est-à-dire, depuis six ans, elle souffre de douleurs de reins très-vives qui s’irradient dans le ventre, surtout du côté droit, et sur le devant des cuisses. Elle a aussi depuis cette époque une sensation continuelle de pesanteur dans le bassin.
Peu d’appétit, digestions difficiles. Constipation très -opiniâtre et constante.
Sujette aux névralgies faciales.
Diathèse herpétique.
La malade est d’une constitution faible, sa santé s’est troublée sérieusement depuis un an.
Il y a 15 jours, en dehors des règles est survenue une hémorrhagie qui a duréquinze jours (métrorrhagie).
Au toucher, on trouve l’utérus complètement abaissé. Le col est appuyé sur le plancher vaginal, à droite. Il est assez immobile.
La lèvre antérieure est surtout hypertophiée ; elle a la forme d’une corne. Le col est gros et dur à la base.
Les culs-de-sacs sont libres; on sent, en enfonçant le doigt profondément dans le cul-de-sac postérieur, la face postérieure de l’utérus considérablement augmentée de volume, la pression au-dessus des pubis est très-douloureuse.
Au spéculum; col gros, très-hypertrophié en longueur, portant une ulcération très-large, de nature papillo-folliculaire.
La Métrite est compliquée d’endométrite, caractériséepar les pertes purulentes mélées de sang et par la tendance aux métrorrhagies; la sonde passe largement à travers l’isthme et pénétre dans la cavité utérine à 10 centimètres. Le col a pour sa part cinq centimètres.
Pour traitement on donne à la malade. — Protochlorure de fer. — Bromure de potassium. Frictions sur la région dorso-lombaire. Des pansements glycérines sont appliqués sur le col deux fois par semaine. Au bout de cinq semaines environ, le 27 janvier, la malade qui avait ressenti une amélioration sensible dans les douleurs névralgiques, est reprise, sous l’influence du froid et de la neige, de douleurs très-violentes dans les cuisses, le bas-ventre et les genoux ; tout le département du plexus lombaire est atteint.
La semaine suivante, toutes ces complications s’étaient effacées et il ne restait à la malade que quelques légères douleurs de reins, l’ulcération était en bonne voie de guérison.
Pour donner un peu plus de vitalité à l’organe et activer la guérison on commence le 15 mars l’application de courants continus sur le col concurremment avtc les pansements glycérinés.
Leur effet ne tarde pas à se faire sentir, et à l’heure qu’il est, les pertes purulentes ont disparu pour faire place à des pertes blanches peu abondantes; l’ulcération est en grande partie réparée et la sonde utérine ne pénètre plus qu’à 8 centimètres.
Obs. IX (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement et l’avortement.
Madame M âgée de24 ans, employée de eommmerce, se présente
à la clinique de M. L. Dr Chéron le 12 lévrier 1879.
Réglée à 15 et demi, toujours très régulièrement, jusqu’à après une fausse couche qu’elle a faite il y a deux ans.
Deux enfants dont le dernier il y a trois ans.
Le premier accouchement a été très douloureux, le deuxième trèsfacile.
Elie a fait une fausse couchedesix mois, il y a deux ans. La pertequi l’a accompagnée a été faible. Après cette fausse couche la malade qui
avait asssz bien pris soin de sa santé à la suite des accouchements, n’a pris aucune précaution, ni aucun repos.
Pendant six mois, ses règles ont été irrégulières (doublées), la régularité s’est rétablie ensuite et existe encore aujourd’hui.
Pas sujette aux pertes blanches, elle les a vues devenir très abondantes depuis environ 3 mois. Peu de douleurs de reins , mais douleurs très-vives dans le bas-ventre, s’irradiant jusque sur le devant des cuisses, surtout du côté gauche.
Marche très pénible. Station debout horriblement douloureuse. Bon appétit, bonnes digestions, tendance à la constipation.
Jamais de maux de tète.
Hémorrhoïdes et tendance au développement des varices pendant les grossesses.
Diathèse Herpétique.
Léger souffle anémique.
Au toucher, on trouve les culs-de-sac obstrués par un développement considérable de l’utérus qui est lourd à remuer.
L’organe utérin est en antéversion et abaissé.
Le fond de l’utérus dépasses sensiblement le pubis.
Le palper permet de constater des points apophysaires douloureux de la l égion lombo-sacrée, un point abdominal et un point ovarique à gauche.
Au spéculum, on voit le col allongé, tout à fait tombé sur le plancher vaginal.
Il est énorme et présente la coloration violacée de la métrite chronique à la première période. Il n’y a pas d’ulcération, mais le renversement des lèvres du museau de tanche montre un liséré rouge formé par la muqueuse intra cervicale qui commence à faire hernie au dehors.
Isthme infranchissable.
Comme traitement on ordonne :
Les frictions sur la région lombo-sacrée.
Contre les pertes blanches des injections d’eau de goudron tiède et des pansements glycérinés sur le col.
Vin de quinquina. Eau de Vichy.
Sous l’influence de la perte considérable d’eau que ces pansements provoquent, l’amélioration ne se fait pas attendre, le col sedécolore, l’organe diminue de poids et la malade éprouve un soulagement très-
grand. Elle peut marcher sans trop de fatigue et n’éprouve plus cette difficulté énorme à rester debout.
Le2 février, pour activer la décongestion du col, on commence des applications d’intermittences du courant continu, le pôle positif en contact avec le col dans le cul-de-sac postérieur et le pôle négatif sur l’abdomen.
Ces applications, d’une durée de 10 minutes , à raison de 60 intermittences par minute, avec quelques secondes de repos de temps en temps, sont répétées trois fois par semaine, concurrement avec les pansements glycérinés et donnent un résultat des plus satisfaisants. En deux mo'S la diminution de l’organe s’est sensiblement accentuée. Marche facile, plus de pesanteur dans le bas-ventre. Le col est presque revenu à l’état normal.
Obs. X (personnelle). — Mélrite parenchymateuse chronique avec hypertrophie de i’ulérus , consécutive à l’arrêt d’involution utérine après l’accouchement et l’avortement.
Madame L âgée de 43 ans, blanchisseuse, se présente à la cli-
nique de M. le Dr Chéron le 26 février 1879.
Réglée à 14 ans, toujours tiès régulierèmentétant jeune filleet après son mariage. Elle a vu ses règles devenir très-abondantes depuis 1870, il y a même eu, il y a quelques mois, une tendance à l’apparition d’un écoulement sanguin dans l’intervalle des règles.
L’écoulement des régies s’accompagne quelquefois de l’expulsion de gros caillots.
Depuis la même époque elle a d’abondantes pertes blanches.
Douleurs de reins très vives s’irradiant dans le ventre et surtout sur le devant des cuisse, douleurs très-pénibles en voiture.
Marche difficile, station debout impossible.
Battements de cœur, principalement après les règles.
Maux de tète rares.
Pellicules dans les cheveux.
Petits boutons avec démangeaisons sur les épaules et les bras et aux parties génitales au moment des époques.
Assez bon appétit, bonnes digestions, tendance à une très-grande constipation que la malade combat au moyen d’émollients et de rafraîchissants.
Fa u q nez.
Le toucher ^permet de constater que les culs-de-sac sont libres; l’utérus mobile, lourd, ayant sa face postérieure très-augmentée de volume.
Le col situé en haut et en avant est dur à la base et douloureux, il est très-gros et mollasse au niveau de l’orificedu canal cervical.
Au spéculum, on aperçoit le col sans ulcération, très-gros et rouge violacé, particulièrement sur la lèvre inférieure où se trouvent quelques pustules d’acné.
L’utérus est très-large, très-dilaté, la sonde pénètre très facilement et s’enfonce de 8 centimètres 1/2.
Le palper abdominal est peu douloureux et permet de sentir sur le côté droit de l’abdomen un petit noyau dur, trace d’une ancienne périmétrite.
Le traitement consiste en frictions sur la région des reins, injections d’eau de goudron contre les pertes blanches, pansements glycérinés.
Amélioration sensibleen quelques semaines ; diminution de volume du col ; la malade se sent beaucoup moins de douleurs de reins ; elle dit qu’elle marche plus facilement, sent moins de pesanteur dans le bassin.
La sonde utérine pénètre encore à 8 centimètres, les règles se régularisent et deviennent moins abondantes depuis l’emploi, concurremment avec les pansements glycérinés, des intermittences du courant continu. Pôle positif sur le col, négatif sur le ventre.
Obs. XI (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique, avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt de l’involution utérine après l’accouchement.
Madame G..., âgée de 23 ans, sans profession, se présente à la clinique de M. le D1' Chéron le 7 mars 1879.
La malade réglée à 15 ans l’a toujours été irrégulièrement. Elle a tantôt des avances, tantôt des retards. Les pertes sont abondantes et de longue durée (huit jours environ).
Elle a eu deux enfants : un il y a quatre ans environ, le second il y a deux ans et demi. Jamais de fausses couches.
La première couche lut douloureuse et longue; la dernière a été facile; aussi n’est-elle restée couchée que six jours, à la suite desquels elle s’est levée et a repris les travaux que nécessitent les soins du mé-
nage. La reprise du coït a été aussi prématurée : quinze jours environ après l’rccouchement.
Autrefois elle avait très-peu de pertes blanches ; elles sont devenues abondantes depuis un mois environ.
Douleurs de reins s’irradiant dans le ventre et sur le devant des cuisses, manifestations de la névralgie lombo-abdominale.
Pas d’appétit; digestions difficiles; gonllements d’estomac, chaleurs au visage, envies de dormir après les repas.
Constipation très-opiniâtre. Coryzas fréquents occasionnant souvent un peu de surdité.
Etant entant, elle a du reste été sourde pendant quelques années. Elle n’a recouvré l’ouïe qu’à la puberté.
Bourdonnements d’oreilles, douleurs entre les deux épaules, souffle anémique assez accentué, pas d’herpétisme ni d’arthritisme.
Au toucher, on trouve l’utérus en antéversion prononcée, le col gros et dur est porté en arrière, porté à gauche à deux doigts de l’orifice vulvaire, frottant sur le plancher vaginal. Les culs-de-sac latéraux sont sensibles sans cependant présenter d’engorgement.
L’utérus, franchement abaissé, est mobile, quoique lourd à remuer. On sent nettement la face postérieure hypertrophiée. Le fond dépasse les pubis.
Le spéculum offre à constater un col très-gros, violacé et une ulcération siégeant sur les deux lèvres du museau de tanche, renversées en forme de champignon, et sur lesquelles s’étale la muqueuse herniée du canal cervical.
La sonde utérine ne franchirait l’isthme qu’avec difficulté, aussi se contente-t-on de la situation du fond de l’utérus pour diagnostiquer une hypertrophie de l’organe.
La malade n’a paru que deux fois à la clinique depuis sa première visite.
Son traitement, qui consistait en frictions sur les reins, amers, pilules contre la constipation, injections d’eau de goudron, vin de quinquina et pansements glycérinés, a eu pour résultat de diminuer les douleurs de la névralgie lombo-abdominale et surtout d’enrayer la constipation.
Ubs. XII (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique à la première période, avec hypertrophie de l’utérus, consécutive à l’arrêt d’involution utérine après l’accouchement.
Madame D..., âgée de 42 ans, ouvrière, se présente à la clinique de M. le Dr Chéron le 14 mars 1879.
Réglée à 14 ans, loujouis très-régulièrement et normalement pendant trois à quatre jours. Elle a eu un enfant il y a deux ans et demi.
L’accouchement a été très-long, très-laborieux et (a causé à la malade de très-vives souffrances.
L’enfant est resté dix-huit heures à franchir la distance qui sépare le détroit supérieur de la vulve. La délivrance n’a été obtenue qu’au moyen du forceps. 11 y a eu rupture du périnée [quijn’a pas intéressé le sphincter de l’anus.
Malgré des suites de couches très-douloureuses, elle n’est restée que trois semaines au lit, s’est levée aussitôt passé ce délai et s’est remise à travailler.
Autrefois elle avait des pertes blanches abondantes qui ont disparu depuis son accouchement.
Violentes douleurs dans les reins s’irradiant dans l’abdomen et sur le devant des cuisses.
Marche difficile. Station debout très-pénible. La malade éprouve une sensation de pesanteur énorme dans le bassin.
Appétit médiocre, gonflements d’estomac, rougeurs, chaleurs au visage après les repas.
Constipation opiniâtre, selles douloureuses provoquant un écoulement de sang par le rectum.
Douleurs articulaires après son accouchement.
Pellicules abondantes dans les cheveux.
Au toucher, on trouve les culs-de-sac libres, l’utérus très-peu mobile, en antéversion avec abaissement assez considérable pour que le col soit à deux doigts de la vulve. Ce dernier est gros et dur à la base.
On sent en pénétrant profondément dans le cul-de-sac postérieur l’augmentation de volume de l’utérus.
Au spéculum, on constate que le col est gros, atteint d’une congestion très-intense ; il est rouge violacé.
La sonde utérine dénote une augmentation de volume de la cavité utérine qui mesure 83 millimètres.
Au palper abdominal, l’utérus dépasse les pubis de]trois travers de doigt.
Traitement. — Frictions contre la névralgie [lombo-abdominale ; amers; médicaments contre la constipation; pansements glycérinés.
Sous l’influence de ce traitement, l’état général s’améliore et à l’heure qu’il est la malade a beaucoup moins de pesanteur dans le bassin. Elle marche sans fatigue et on peut constater, par le palper abdominal, la diminution de volume de l’utérus, ainsi que le retour progressif de la coloration normale.
Obs. XIII (personnelle!. — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involulion de l’utérus après l’accouj chement et l’avortement.
Madame V..., âgée de 36 ans, sans profession, se présente à la clinique de M.le Dr Chéron le 3 1 mars 1879.
Elle a été réglée à l’âge de 15 ans. Ses règles ont toujours été régulières; l’écoidement, de quantité normale, dure de six à huit jours.
Elle a eu six enfants, dont le dernier a un an.
Tous ses accouchements ont été naturels, mais longs et douloureux.
Les deux premiers [enfants sont venus au monde, l’un à 7 mois, l’autre à 8. Ils n’ont vécu ni l’un ni l’autre.
La malade n’est jamais restée plus de trois ou quatre jours couchée après chaque accouchement. Au bout de ce délai, elle a repris ses occupations habituelles, soins du ménage assez pénibles.
Les rapports sexuels ont été repris après quinze jours à trois semaines au plus Pertes blanches abondantes depuis deux ans.
Douleurs de reins s’irradiant dans le ventre sans grande intensité.
Marche pénible. Station verticale difficile.
Maux fie tête fréquents.
Assez bon appétit, mais digestions difficiles ; gonflements d’estomac ; rougeurs, chaleurs au visage ; envies de dormir après les repas.
Pellicules dans les cheveux. Boutons avec démangeaisons sur les épaules et les bras. Envies fréquentes d’uriner. Urines rouges assez fréquemment. Miction douloureuse.
Au toucher, qui est peu douloureux, on constate que les culs-desac sont libres, l’utérus mobile, mais lourd à remuer. Le col gros et dur à la base.
On sent l’augmentation de volume du corps de l’utérus qui est abaissé et en antéversion, de sorte que le col frotte sur le plancher vaginal.
Le spéculum otfre à considérer une ulcération de la largeur d’une pièce de 2 francs, siégeant sur les deux lèvres du museau de tanche, renversées en forme de bourrelet et dont la muqueuse est herniée et ulcérée.
Le col est gros et violacé. Période d'infiltration.
Le traitement consiste en injections d’eau de goudron tiède , faites matin et soir dans le but de combattre les pertes blanches. Bromure de potassium, 2 gr. Emulsion de graines de chanvre contre les troubles urinaires. Lutin, pansements glycérinés pour modifier l’état congestif du col de l’utérus.
Il y a peu de temps que la mal: de suit le traitement ; les pansements glycérinés n’ont pas encore eu le temps de beaucoup agir. Cependant on peut constater déjà une diminution sensible dans les douleurs névralgiques, la tendance au retour à la coloration normale du col et moins de pesanteur dans le bassin.
Obs. XIV (personnelle). — Métrife parenchymateuse chronique avec hypertrophie et ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement et l’avortement.
M”° Z...., âgée de 32 ans, sans profession, se présente à la clinique du Dr Chéron le 9 avril 1879.
Réglée à 16 ans, toujours très-irrégulièrement, avec des retards.
Elle a eu deux enfants, le premier en 1873, le second en mai de l’année dernière.
Elle a eu deux faussas couches, l’une entre les deux enfants, l’autre depuis la naissance du second. Elles ont été de deux mois environ chaque.
Les couches ont été faciles quoique un peu longues.
Chaque fois, la malade est restée couchée pendant neuf jours seulement, s’est levée le dixième et a recommencé à marcher, à aller et venir s’occupant des soins du ménage. Elle a repris les rapports sexuels 15 jours ou trois semaines au plus après l’accouchement.
Après les fausses couches elle n’a pris aucun repos.
Très-sujette aux pertes blanches.
Douleurs de reins très-vives, s’irradiant jusqu’au coccyx (névralgie lombo-sacrée).
Bon appétit, maisgonflementd’estomac, rougeurs, chaleurs au visage après les repas. Selles régulières.
Fréquentes douleurs névralgiques dans la tête, pellicules dans les cheveux, petits boutons avec démangeaisons sur les épaules et les bras.
Marche assez facile, mais station debout des plus pénibles. Sensation de pesanteur dans le bassin.
Un peu d'essoufflement et quelques battements decneur en montant l’escalier.
Douleur constante entre les deux épaules, léger souffle anémique.
Au toucher, on trouve les culs-de-sac libres, l’utérus mobile mais lourd à remuer.
Le col mou, largement ouvert, porté en arrière par l’antéversion de l’utérus, dur à la base.
L’utérus est en antéversion avec abaissement très-prononcé, le col frotte sur le plancher vaginal.
Le spéculum offre à constater un col gros, violacé, présentant sur les deux lèvres du museau de tanche, renversées en bourrelet, une ulcération formée par la muqueuse herniée du canal cervical.
Le fond de l’utérus dépasse les pubis de deux travers de doigt environ.
La sonde passe largement et pénètre dans la cavité utérine à 8 centimètres.
Il existe un point névralgique à la base de la grande lèvre droite.
Traitement. — Frictions sur la région dorso-lombo-sacrée.
Bicarbonate de soude.
Fer dialysé Bravais.
Pansements glycérinés répétés deux fois par semaine.
Les modifications apportées jusqu’à ce jour, tant dans l’état général que dans l’état local, ne sont pas encore assez accentuées pour qu’il soit permis de conclure sur l’efficacité du traitement, l’ulcération est cependant très-favorablement modifiée et les douleurs de reins sont bien moins violentes.
Obs. XV (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, compliquée d’endométrite, consécutive à l’arrêt d’involution utérine après l’accouchemont et l’avortement.
La nommée Sch... (Elisa), passementière, âgée de 20 ans, entre à l’hospice Saint-Lazare le 18 novembre 1878, salle n° 8, lit 12. service de M. le Dr Chéron.
Réglée à 13 ans, toujours très-régulièrement et normalement pendant quatre à cinq jours.
Elle a t'ait une fausse couche de sept mois à la fin de l’année 1874 ; a eu un enfanté la fin de 1873 ; l’accouchement a été long et douloureux, on a dû recourir à l’application du forceps. Une hémorrhagie consécutive a été arrêtée au bout de quatre heuresau moyen de l’ergot de seigle. Cette perte avait beaucoup affaibli la malade qui a été très-longtemps avant de recouvrer ses forces.
Malgré cette faiblesse, elle s’est levée le neuvième jour, s’est remise à marcher, a repris son travail et s’est livrée au coït très-peu de jours après.
De tout temps, elle a eu des pertes blanches abondantes.
Elle a été atteinte en 1871 d’un rhumatisme articulaire aigu qui a duré neuf mois.
Battements de cœur en montant l’escalier.
A son entrée à Saint-Lazare, elle souffre de douleurs de reins s’irradiant jusque dans l’abdomen.
La marche et la station debout ne sont pas trop pénibles.
Bon appétit et assez bonnes digestions. Selles régulières. Depuis son entrée elle a des pertes sanguines presque continuelles, entremêlées de pertes purulentes.
Au toucher, on trouve l’utérus abaissé et en légère antéversion. Il est mobile, mais lourd à remuer. Le col est dur à la base, et trèsgros ; le doigt avec lequel on pratique le toucher vaginal a la sensation d’une masse fongueuse à l’orifice du canal cervical et d’un bourrelet formé par le renversemen des lèvres du col. Ce dernier est en arrière et frotte sur le plancher vaginal.
Au spéculum on constate une ulcération siégeant sur les lèvres du museau de tanche et ayant un aspect fongueux.
Le col est très-gros, rouge violacé, il a l’aspect de la métrite chronique à la période d’inliltration.
L’ulcération est de la largeur d’une pièce de cinq trancs. On y voit nettement les ramifications de l’arbre de vie résultant du renversement en dehors du canal cervical.
L’augmentation, facile à constater, du volume de l’utérus qui dépasse les pubis, le passage facile de la sonde qui franchit aisément l'orifice interne du canal cervical et pénètre dans la cavité utérine à 88 millimètres, les pertes purulentes et sanguines presquecontinues, la facilité avec laquelle le col saigne au moindre contact du spéculum dénotent l’existence d’une endométrite compliquant la métrite parenchymateuse. Utilisant les propriétés anti-inflammatoires de l’acide picrique, son pouvoir modificateur des plaies, résultant de la propriété qu’il possède de coaguler les substances protéiques du sang et de la lymphe, nous instituons comme traitement :
Les injections intra-utérines d’une solution aqueuse d’acide picrique à 15 pour 1000, suivies du pansement glycériné décongestionnant.
Ces injections faites avec précautions, suspendues huit jours avant et huit jours après les règles ne causent pas la moindre douleur à la malade qui se remet au lit pendant quelques heures aprèscette petite opération.
Avec des frictions sur les reins contre la névralgie lombo-abdominale, ce traitement amène une modification relativement prompte.
Depuis longtemps les pertes purulentes et sanguines ont disparu ; la matrice a diminué de volume.
L’énorme ulcération qui envahissait le col est en grande partie réparée, elle mesure à peine la largeur d’une pièce de 50 centimes, et sous peu, la malade pourra être renvoyée de l’hospice, guérie de son ulcération et considérablement améliorée quant à son hypertrophie de l’utérus.
Obs. XVI (personnelle). Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de-l’ulérus.
La nommée F... (Joséphine), âgée de 28 ans, entre à l’hospice Saint- Lazare le 19 lévrier 1879, salle n° 4, lit 1, service de M. le Dr Chéron.
Réglée à 15 ans, toujours très-régulièrement, plutôt avec une légère avance. Règles normales de quatre à cinq jours de durée.
Jamais de fausses couches.
Elle a eu deux enfants; le premier, il y a dix ans; le second, il y a six ans.
Ses deux accouchements ont été faciles et naturels, sans suites fâcheuses.
Après le second accouchement, elle est restée au lit seulement cinq à six jours, est sortie au bout du dixième et a repris immédiatement les travaux pénibles des champs.
Elle est déjà venue une première lois à Saint-Lazare, en 1875, pour une légère ulcération du col, guérie au bout de quinze jours.
Sujette à d’abondantes pertes depuis son dernier accouchement.
Douleurs de reins très-vives, s’irradiant sur les côtés de l'abdomen.
Marche et station debout pas trop pénibles.
Bon appétit, digestions un peu difficiles, gonflements d’estomac, rougeurs et chaleurs au visage après les repas.
Selles régulières.
Pellicules abondantes dans les cheveux.
Maux de tête fréquents.
Au toucher, on trouve les culs-de-sac libres, non douloureux. En pénétrant profondément dans le cul-de-sac postérieur, on constate une augmentation de volume de la face postérieure de l’utérus.
Le palper abdominal révèle l’existence de points douloureux de la névralgie lombo-abdominale, mais ne permet pas de sentir le fond de l’utérus au-dessus des pubis.
Le col est gros, dur à la base.
L’utérus en antéversion avec abaissement.
Le spéculum introduit sans douleur offre à considérer une ulcération de la largeur d’une pièce de 1 franc, siégeant sur les deux lè'-res du museau de tanche et sur laquelle on aperçoit, en regardant avec attention, les colonnes de l’arbre de vie, ce qui résulte du renversement au dehors de la muqueuse du canal cervical.
L’isthme est largement ouvert et la sonde pénètre dans la cavité utérine à la profondeur de 8 centimètres.
Col gros et violacé, ayant l’aspect de la métrite chronique à la première période.
Points apophvsaires douloureux de la douzième dorsale à la troisième lombaire.
Deux jours après son entrée à Saint-Lazare elle a eu ses règles, qui coïncidaient bien avec l’époque à laquelle elle les attendait. Quatre à
cinq jours après leur terminaison elles ont reparu, mais sous forme d’écoulement d’un sang noir mêlé de caillots.
Une injection intra-utérine d’acide picrique en solution aqueuse ayant été faite, amène la sortie d’une assez grande quantité de sang noirâtre qui séjournait dans la cavité augmentée de volume de l’utérus.
Aspiration de ce liquide avec la seringue qui sert à faire les injections intra-utérines.
Depuis ce moment, aux pansements glycérinés appliqués sur le col sont ajoutées les injections intra-utérines, f.dtes tous les deux jours et suspendues, bien entendu, huit jours avant et huit jours après les règles.
Application de teinture d’iode sur les reins.
Ce traitement, suivi régulièrement, modilie promptement l’ulcération, amène une diminution de volume du col et de la cavité utérine, et la malade sort guérie de son ulcération le 6 avril.
Obs. XVII (personnelle). — Hypertrophie sus-vaginale, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus.
La nommée 0... (Hélène), âgée de 19 ans, entre à l’hospice Saint- Lazare le 24 février 1879, salle 9, lit n° lo, service de M. le Dr Cliéron.
Réglée à 14 ans, très-irrégulièrement, tantôt avec des retards, tantôt avec des avances, pendant trois ou quatre jours et très-peu abondamment.
Jamais elle n’a eu de fausses couches.
Elle a eu un enfant il y a dix mois. L’accouchement naturel, par le siège, a été long et douloureux. Après cet accouchement, elle n’est restée couchée que neuf jours, puis s’est levée le dixième, est sortie et a repris ses oocupations habituelles, soin du ménage, travail, etc. Cinq jours après, c’est-à-dire le quinzième jour après l’accouchement, elle a recommencé à se livrer an coït, comme auparavant. Depuis son accouchement la régularité s’est établie dans ses règles. Elle a des pertes abondantes de dix jours de durée.
Douleurs de reins très-violentes, sans irradiations dans l’abdomen.
Très-peu de pertes blanches.
Bon appétit, bonnes digestions. Constipation opiniâtre habituelle.
Battements de cœur en montant l’escalier. Décoloration des muqueuses. Souffle anémique.
Aucune diathèse.
Au toucher, on trouve les culs-de-sac libres, l’utérus mobile, mais lourd à remuer. On sent très-bien, en enfonçant son doigt profondément dans le cul-de-sac antérieur, le corps de l’utérus hypertrophié. Col gros, dur à la base.
Antéversion prononcée avec abaissement. Le col frotte sur le plancher vaginal.
Le palper abdominal permet de sentir le fond de l’utérus qui dépasse les pubis de 2 centimètres environ.
Au spéculum, on constate une ulcération siégeant sur les deux lèvres du museau de tanche, renversées en forme de bourrelet.
La muqueuse du canal cervical fait hernie à l’extérieur.
Le col est gros et violacé, tirant sur la coloration ardoisée.
La sonde passe largement à travers l’isthme et pénètre dans la cavité utérine, seulement à 7 centimètres et 8 millimètres.
Le traitement consiste en applications de teinture d’iode sur la région dorso-lombo-sacrée et en pansements glycérinés.
Amers. — Vin de quinquina.
Au bout de quelques jours, la névralgie lombo-abdominale cède et la décongestion du col est manifeste. Mais il se produit une tendance à de petites hémorrhagies.
Chaque fois qu’on applique le spéculum, il s’écoule un peu de sang.
Le 5 mars, on commence les injections intra-utérines d’acide picrique, en solution aqueuse, huit jours après la terminaison des règles; le liquide pénètre dans l’utérus et en ressort aussitôt. Après avoir exprimé l’acide picrique qui baigne le col au moyen d’un petit tampon de charpie, on place le pansement glycériné.
Cette petite opération, répétée deux fois par semaine, ne tarde pas àproduire une amélioration notable.
Il se fait une prompte modification de l’ulcération, la tendance aux hémorrhagies est enrayée et la malade est sur le point de sortir complètement guérie.
Obs. XVIII (personnelle). — Hypertrophie sus-vaginale, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus.
La nommée G..., âgée de 19 ans, entre à l’hôpital Saint-Lazare le 24 février 1879, salle n° 7, lit, 3, service de i\I. le Dr Chéron.
Réglée à 14 ans et demi, toujours régulièrement pendant deux jours et très-peu abondamment ; l'écoulement se compose d’un sang trèspeu coloré.
Elle n’a jamais eu de fausse couche. Elle a eu un enfant il y a deux ans. L’accouchement, fait à l’hôpital Necker, a été naturel, facile, sans suites fâcheuses.
Après un séjour au lit de neuf jours, elle est sortie, le dixième, et s’est immédiatement remise à pratiquer le coït, le jour même.
Trois jours après, elle revenait à l’hôpital Necker, atteinte d’une péritonite généralisée, pour laquelle elle est restée six semaines malade. Elle est sortie guérie.
Quelques jours à peine après cette sortie de l’hôpital, elle se livrait de nouveau au coït.
Peu sujette aux pertes blanches.
Peu de douleurs de reins, sans irradiations dans l’abdomen. Bon appétit; bonnes digestions. Battements de cœur en montant l’escalier.
Décoloration des muqueuses gingivales et palpébrales. Souffle anémique.
Constipation opiniâtre. Pas de diathèse.
Au toucher, on sent les culs-de-sac libres, l’utérus mobile quoique lourd à remuer. II y a dans le cul-de-sac postérieur un petit ganglion lymphatique légèrement augmenté de volume.
La face postérieure de l’utérus est très-augmentée de volume. Le col est gros, dur à la base. L’utérus est en antéversion avec abaissement. Le col frotte sur le plancher vaginal.
Lespéculum, douloureux à introduire à cause d’un peu d’hvperesthésie vulvaire, permet de constater une ulcération siégeant surtout sur la lèvre antérieure du museau de tanche. Cette lèvre est un peu hypertrophiée en longueur. Bourrelet de renversement de la muqueuse du canal cervical. Col gros, rouge violacé. Catarrhe abondant.
La névralgie lombo-abdominale est traitée par les frictions et les
applications de teinture d’iode et l’ulcération au moyen de pansements glycérines répétés deux fois par semaine.
Au bout de trois semaines, l’ulcération se modifie d’une façon sensible. On peut saisir, en observant avec soin , de petits îlots d’épithélium qui se forment peu à peu sur la surface ulcérée.
La malade sort enfin, le 27 mars, complètement guérie de son ulcération et avec une diminution notable du volume du col et du corps de l’utérus.
Obs. XIX (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement.
La nommée V... (Catherine), âgée de 20 ans, entre à l’hospice Saint- Lazare le 27 février 1879, salle 5, lit n° 19.
Réglée à 13 ans et demi, toujours très-régulièrement et normalement.
Elle a eu trois enfants, le dernier il y a six semaines. Toutes ses couches ont été bonnes.
Après le dernier accouchement, elle s’est levée au bout de neuf jours et a repris ses occupations habituelles. Le quinzième jour elle a recommencé à pratiquer le coït comme par le passé.
Pertes blanches abondantes, surtout-à l’approche des époques.
Douleurs de reins s’irradiant dans le ventre et sur le devant des cuisses. Sensation de pesanteur dans le bassin.
Marche pénible; station debout très-douloureuse. Appétit médiocre; digestions un peu difficiles. Selles régulières.
Battements de cœur et essoufflements en montant l’escalier.
Décoloration prononcée des muqueuses. Souffle anémique. Diathèse herpétique manifestée par des pellicules abondantesdans les cheveux, boutons avec démangeaisons sur les épaules et les bras et aux parties génitales après les époques.
Maux d’yeux étant enfant ; engorgements ganglionnaires fréquents.
Au toucher, on trouve l’utérus mobile quoique lourd à remuer, les culs-de-sac libres, non douloureux. L’utérus est en antéversion avec abaissement.
Le col en arrière et très-près de la vulve frotte sur le plancher va-
ginal. Augmentation du corps de l’utérus qu’on seut au-dessus du pubis.
Le spéculum montre un col gros, rouge violacé, portant une ulcération d’un rouge vif, d’aspect fongueux, siégeant particulièrement sur la lèvre antérieure du museau de tanche, dont les lèvres sout renversées en forme de bourrelet et sur laquelle on voit nettement la hernie formée par la muqueuse du canal cervical rejetée au dehors par la prolifération du tissu conjonctif sous-muqueux.
L’isthme est largement ouvert et la sonde utérine pénètre à 8 centi* mètres et demi.
Le traitement consiste en pansements glycérinés appliqués tous les deux jours; amers; vin de quinquina ; injections d’eau de goudron.
Pour modifier l’état de la muqueuse du canal cervical, qui paraît rouge et d’où s’écoule un mucus abondant qui semble vouloir devenir purulent, on pratique des injections intra-utérines qui, commencées le 29 mars, amènent une modification favorable et prompte. A partir de ce moment, l’ulcération se répare de jour en jour. Elle se recouvre insensiblement de petits îlots d’épithélium nouveau qui finissent par recouvrir toute la surface ulcérée. Le col est revenu à sa couleur normale ; l’organe est moins lourd, moins hypertrophié, et la malade sort le 29 avril très-améliorée sous ce rapport et complètement guérie de l’ulcération pour laquelle elle était entrée à Saint-Lazare.
Obs. XX (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement.
La nommée D..., âgée de 32 ans, entre à l’hospice Saint-Lazare le 4 mars 1879, salle 6, lit n° 4, service "de M. le Dr Chéron.
Réglée à 14 ans, toujours régulièrement et normalement avec une légère avance de deux à trois jours.
Jamais de fausses couches.
Trois enfants, le dernier il y a neuf ans.
Après ce dernier accouchement, levée au bout de dix jours, elle a repris immédiatement ses occupations ordinaires du ménage, assez pénibles, la malade ayant deux enfants à soigner.
Après les couches précédentes, comme après celle-ci , elle n’a pris qu’un repos insuffisant et s’est livrée au coït presque aussitôt.
Elle est déjà venue trois fois à Saint-Lazare pour une ulcération du col. C’eA la même raison qui l’y amène aujourd’hui.
Douleurs de reins assez vives, pas de douleurs dans l’abdomen, mais sensation de pesanteur très-pénible dans le bassin ; malgré cela marche pas trop pénible.
Bon appétit, bonnes digestions, pas de constipation.
Diathèse slrumeuse caractérisée par des maux d’yeux etdes gourmes étant enfant, par de fréquents engorgements ganglionnaires.
Au toucher, l’utérus est très-bas et en antéversion.
Le col frotte sur le plancher vaginal. On sent nettement une augmentation de volume du corps de l’utérus.
Culs-de-sac libres.
Utérus mobile mais lourd à remuer, dépassant les pubis.
Le spéculum montre une ulcération s’étendant principalement sur la lèvre postérieure du museau de tanche dont les lèvres sont renversées en forme de champignon et sur lesquelles s’étale la muqueuse du canal cervical herniée.
La sonde passe largement et pénètre dans la cavité utérine à 8 centimètres 1/2.
Le traitement consiste en applications de teinture d’iode, tous les deux jours, sur 1 a région des reins et en pansements glycérinés répétés deux fois par semaine et appliqués sur le col.
Ce traitement amèneau bout de quelques semaines une amélioration des maux de reins et la diminution de volume de l’utérus en même temps que la guérison complète de l’ulcération.
Quand la malade quitte l’hospice complètement guérie de son ulcération la cavité utérine ne mesure plus que 78 millimètres.
Sortie le 5 mai.
Obs. XXI (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution utérine après l’accouchement.
La nommée G... (Lucie-Antoinette), âgéedel? ans, entre à l’hospice Saint-Lazare, le 13 mars 1879, salle 10, lit n° 17, service de M. le Dr Chéron.
Réglée à 12 ans, toujours régulièrement jusqu’à sa grossesse et normalement, pendant quatre à cinq jours.
Jamais de fausse couche.
Un enfant il y a un an ; l’accouchement naturel a été facile et peu douloureux.
Restée au lit pendantdix jours, elle s’est levée au bout de ce laps de temps, est sortie et a repris ses occupations habituelles et son métier fatigant de blanchisseuse. Cinq jours après, c’est-à-dire le quinzième, elle se livrait au coït comme avant.
Après son accouchement qui a eu lieu au mois de mai 1878, jusqu’au mois de décembre suivant, époque à laquelle elle est sortie de Saint- Lazare où elle était depuis le mois de juillet, ses règles n’ont pas reparu. Immédiatement après sa sortie de l’hospice elles sont revenues et ont continué depuis à être régulières.
Ti ès-peu de pertes blanches, douleurs dans les reins s’irradiant dans l'abdomen.
Marche pénible amenant vite la fatigue. Station debout encore plus douloureuse. Sensation de pesanteur dans le bas-ventre.
Bon appétit et bonnes digestions. Constipation habituelle. Trèsnerveuse et impressionnable, ayant fréquemment des crises hystéri- , formes.
Douleurs névralgiques dans la tête.
Etant enfant, elle a eu des gourmes, des maux d’yeux.
Coryzas fréquents.
Engorgements ganglionnaires nombreux.
Léger souffle anémique. Au toucher on trouve une antéversion avec abaissement de l’utérus.
Le col renversé en arrière, gros et dur à la base, frotte sur le plancher vaginal.
Il y a un peu d’engorgement lymphatique dans le cul-de-sac postérieur, mais qui n’empêche pas de constater l’augmentation de volume de l’utérus, qu’on sent un peu au-dessus des pubis et qui est lourd à remuer.
Le spéculum montre une ulcération de la largeur d’une pièce de un franc et le renversement en bourrelet des lèvres du museau de tanche, sur lesquelles s’étale la muqueuse herniée du canal cervical.
On voit nettement les ramifications de l’arbre de vie.
Le col est gros et rouge violacé, |il offre l’aspect de la métrite chronique à la période d’infiltration.
Léger catarrhe utérin.
La sonde utérine un peu arrêtée à l’orifice du canal cervical passe Fauquez. 8
largement à travers l’isthme et pénètre dans la cavité à 79 millimètres.
Le traitement consiste en frictions et plus tard applications de teinture d’iode sur les reins et en pansements glycérinés répétés deux fois par semaine.
Bromure de potassium en potion.
Sirops d’éther etde morphine pour combattre descrampesd’estomac qui surviennent quelquefois.
Au bout de quelques semaines, les douleurs de reinss’apaisent, le col est moins gros, moins rouge, il semble revenir.! la coloration normale; l’ulcération se modifie sensiblement, mais il reste toujours du catarrhe utérin qui tend à devenir purulent.
Commencement des injections intra-utérines qui donnent en peu de jours un résultat favorable.
L’ulcération est bornée maintenant au pourtour de l’orifice du canal cervical et ne demande plus que quelques jours pour que la guérison soit complète. Très-prochainement la malade sortira n'ayant plus que l’hypertrophie de son utérus déjà sensiblement réduite, puisqu’à l’heurequ’ilest la sonde utérine ne pénètre qu’à 7 centimètres et demi.
Obs. XXII (personnelle). — Hypertrophie sus-vaginale, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus.
La nommée M... (Thérèse), mécanicienne, âgée de 30 ans, entre à Thospice Saint-Lazare le 22 mars 1879, salle 6, lit n° 5, service de M. le D1' Chéron.
Réglée à 15 ans, toujours très-régulièrement, peu abondamment, pendant cinq jours environ.
Jamais de fausses couches; un enfant il y a quatorze ans. Son accouchement a été naturel et facile. Les suites immédiates ont été excellents. Au bout de huit jours à peine, elle s’est levée, s’est remise à faire son ménage, à sortir. Elle a repris ses travaux habituels assez fatigants. Quelques jours après, elle reprenait ses rapports avec son amant.
Depuis cette époque, elle a toujours eu des douleurs de reins, sourdes la plupart du temps, mais présentant souvent des poussées d’acuité très-grandes. A ce moment, elles s’irradient dans le ventre.
Elle a toujours éprouvé, depuis cette reprise prématurée de la fatigue et du coït, des sensations de pesanteur très-grande dans le bassin . Depuis quelques années surtout, la marche est très-pénible, la station debout ne la fatigue pas trop.
Bon appétit, bonnes digestions, selles régulières.
Bonne constitution. Pas de diathèse.
Le toucher permet de constater une antéversion très-accusée et un abaissement notable. Le col, à deux doigts de la vulve, est gros, dur à la base, renversé en arrière et frottant sur le plancher vaginal.
Les culs-de-sac sont libres; l’utérus est mobile, mais très-lourd.
On sent manifestement une augmentation notable du volume de l’organe qu’il est impossible de saisir au-dessus du pubis.
Au spéculum on voit une ulcération d’une assez grande étendue, mais sans épaisseur, siégeant sur les deux lèvres du museau de tanche renversées en champignon.
Le col est gros et violacé, portant sur la portion de sa surface qui n’est pas ulcérée quelques ecchymoses. La sonde utérine passe largement à travers l’isthme et pénètre dans la cavité utérine à 8 centimètres et demi.
Le traitement consiste en frictions avec du baume tranquille, puis, plus tard, en applications de teinture d’iode sur la colonne vertébrale pour combattre les manifestations delà névralgie lombo-abdominale; en pansements glycérines sur le col répétés à chaque visite, c’est-àdire deux fois par semaine.
Le 10 avril l’ulcération était sensiblement modifiée. Le col était moins gros et moins rouge.
Le 25. L’amélioration a fait des progrès; la cavité utérine ne mesure plus que 8 centimètres.
Comme un écoulement assez abondant et épais, de couleur blanc jaunâtre, semble indiquer l’existence d’un peu d’endométrite, on ajoute au traitement les injections intra-utérines de la solution aqueuse d’acide picrique.
L’état du col est excellent.
Le 8 mai la malade quitte le service, parfaitement guérie de son ulcération, avec un utérus moins lourd, moins volumineux, ne mesurant plus que 7 centimètres et demi et un col de coloration normale.
Obs. XXIII (personnelle). — ° Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive il l’arrêt d’involulion de l’utérus apres l’accouchement et l’avortement.
La nommée G... (Marie), âgée de 25 ans, entre à l’hospice Saint- Lazare, le 27 mars 1879, salle 4, n° 13, service de M. le Dr Chéron.
La malade a été réglée à 14 ans ; les règles ont été régulières et normales jusqu’à l’année dernière.
Un enfant il y a huit ans, un autre il y a six ans. Ces deux accouchements ont été faciles, naturels et sans suites fâcheuses immédiates.
A chaque fois la malade a pris très-peu de repos et s’est livrée au coït aussitôt levée.
Il y a quatre ans, à la suite d’une frayeur, elle a fait une fausse couche de 6 mois. Le fœtus a vécu environ une heure.
Après cet accident heureusement terminé, elle s’est levée le cinquième jour, s’est remise à marcher et a pratiqué immédiatement le coït comme si de rien n’était.
Depuis l’année dernière, les règles sont devenues très-irrégulières l’écoulement est presque nul. Depuis ce moment, elle a eu de fréquents crachements de sang.
Pertes blanches habituellement. Peu d’appétit, digestions difficiles, rougeurs et chaleurs au visage après les repas.
Toux violente et très-sèche. Sommets très-douteux. Extinction de voix paraissant tenir à de la phthisie laryngée.
Vomissements fréquents après les repas, à la suite d’efforts de toux.
Constipation opiniâtre. Douleurs de reins s’irradiant dans l’abdomen. Maux de tête fréquents.
Sensation de pesanteur dans le bassin.
Marche pénible et fatigante. Station debout facile.
Diathèse strumeuse.
Le toucher permet de constater une légère antéversion avec abaissement assez accentué. Le col est à trois doigt delà vulve, il est gros et dur à la base. Les culs-de-sac sont libres, l’utérus est mobile et lourd à remuer. On perçoit nettement une augmentation notable de son volume, particulièrement de la face postérieure.
Le fond dépasse les pubis, il est difficile de mesurer exactement de combien parce que la pression le fait fuir sous les doigts.
Au spéculum, on trouve un col dur, gros, violacé, ayant l’aspect de la métrite chronique à la première période, et une ulcération siégeant au pourtour de l’orifice du canal cervical dont la muqueuse fait hernie et s’étale sur les lèvres du museau de tanche renversées en bourrelet.
La sonde utérine passe largement et pénètre à 8 centimètres.
Le traitement consiste en purgatifs légers, fréquemment répétés, pour combattre la constipation.
Limonade sulfurique.
Vin de quinquina.
Frictions sur la région dorso-lombaire contre les douleurs névralgiques.
Pansements glycérinés répétés tous les trois jours.
Malgré le peu de santé de la malade, l’ulcération se répare assez promtement, la cavité utérine ainsi que Je corps diminuentde volume, la coloration du col est moins foncée.
Elle quitte l’hospice le 29 avril avec son ulcération complètement réparée et une cavité utérine ne mesurant plus que 7 centimètres 1/2.
Obs. XXIV (personnelle). — Hypertrophie sus-vaginale, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’accouchement. — Hypertrophie concentrique.
La nommée W... (Louise), âgée de 16 ans, mécanicienne, entre à l’hospice Saint- Lazare le 31 mars 1879, salle 8, lit n° 4, service de M. leDr Chéron.
Réglée à 13 ans, toujours régulièrement et normalement.
Jamais de fausse couche.
Un enfant il y a un an. Accouchement naturel facile, sans grandes douleurs. Au bout de sept jours elle s’est levée et a repris les occupations habituelles que nécessitent les soins du ménage, courses, travail fatigant. Elle s’est surmenée, attendu qu’elle avait, en outre, à s’occupei de son enfant et de son père avec lequel elle vit seule.
Quelques jours plus tard elle recommençait à se livrer au coït.
Pertes blanches abondantes.
Douleurs de reins, dues à de la névralgie lombo-abdominale, s’irradiant jusque dans l’abdomen, point douloureux au niveau des articulations sacro-vertébrale et sacro-iliaque, sensation de pesanteur dans le bassin.
Bon appétit, bonnes digestions, selles régulières.
Marche facile, mais station debout très-pénible.
Pas de maux de tête.
Pas de battements de cœur.
Bonne constitution, pas de diathèse.
Au toucher, on trouve l’utérus en rétroversion et très-abaissé. Le col est à deux doigts de la vulve. Il est gros et dur à la base.
L’utérus est mobile, mais lourd à remuer, les culs-de-sac son libres.
On constate une augmentation notable du volume de l’organe, particulièrement de la face postérieure.
L’examen au spéculum offre à considérer un col rouge violacé, d’aspect turgide, présentant une ulcération fongueuse de la largeur d’une pièce de deux francs et saignant très-facilement au contact du spéculum.
La sonde passe largement à travers l’isthme et pénètre seulement à 7 centimètres dans la cavité utérine.
Le traitement consiste en applications de teinture d’iode sur la région lombo-sacrée, applications qui, répétées tous lesdeuxjours, ont amené un soulagement dans la névralgie lombo-abdominale, et en pansements glycérinés sur le col, renouvelés deux fois par semaine.
La constipation est combattue par des purgatifs légers. Peu à peu les symptômes se sont amendés ; la sensation de pesanteur dans le bassin a diminué. Le col est moins gros et sa turgidité a presque disparu, L’ulcération est en pleine voie de guérison.
Obs. XXV (personnelle). — Métrite parenchymateuse chronique avec ulcération du col, consécutive à l’arrêt d’involution de l’utérus après l’avortement et l’accouchement.
La nommée D... (Mathilde), fille en maison, âgée de 20 ans, entre à l’hospice Saint-Lazare le 4 avril 1879, salle 3, lit n° 1, service de M. le Dr Ghéron.
Réglée à 12 ans, toujours très-régulièrement et normalement pendant trois ou quatre jours, chaque fois. Un enfant, il y a trois ans, en 1876.
Deux fausses couches depuis, une de quatre mois en 1877, une de trois mois en 1878.
L’accouchement, il y a trois ans, a été naturel, facile, pas trop douloureux.
Au bout de neuf jours, elle est retournée à sa maison où elle s’est reposée pendant cinq semaines. A partir de ce moment, elle s’est remise au coït, sans ménagements.
La première fausse couche a été faite à Saint-Lazare, où elle était depuis un mois environ, pour une ulcération du col. La perte qui accompagnait la fausse couche a été très-peu abondante.
Six semaines après, elle a été mise en liberté et est retournée à sa maison, où elle a repris immédiatement le coït, comme si de rien n’était.
La deuxième fausse couche a encore eu lieu à Saint-Lazare, où elle se trouvait encore pour la même raison, ulcération du col.
Cette fausse couche a été très-douloureuse, avec une perte trèsfaible. Elle a laissé la malade très-souffrante pendant quinze jours environ.
Un mois après, elle est partie guérie de son ulcération. Et aussitôt arrivée dans sa maison, elle s’est de nouveau immédiatement livrée au coït
Perles blanches continuelles et abondantes. Bon appétit, bonnes digestions, selles régulières.
Douleurs de reins très-vives, dues à la névralgie lombo-abdominale provoquée par l’état de la matrice, et s’irradiant jusque dans l’abdomen.
Marche assez facile, station debout pénible.
Sensation de pesanteur dans le bassin; maux de tête fréquents.
Diathèse herpétique, caractérisée par des pellicules dans les cheveux, et des boutons sur les épaules et les bras, avec démangeaisons.
Maux d’venx étant enfant, coryzas fréquents.
Au toucher, on trouve l’utérus abaissé, sans déplacement ; le col, atteint d’allongement hypertrophique, frotte directement sur le plancher vaginal.
L’utérus est peu mobile et, dans les culs-de-sac libres, on sent une augmentation notable de volume du corps de l’utérus, principalement de la face postérieure.
Le spéculum permet de constater un col rouge violacé, portant une ulcération ayant l’aspect fongueux, siégeant particulièrement sur la
lèvre antérieure du museau de tanche. Les deux lèvres sont renversées en forme de bourrelet, et la muqueuse du canal cervical s’y étale en formant hernie.
L’isthme est infranchissable.
Points apophysaires douloureux, de la onzième dorsale à la troisième lombaire.
Le palper abdominal douloureux permet de sentir le fond de l’utérus au-dessus des pubis.
Le traitement consiste en applications de teinture d’iode sur la région lombo-sacrée, qui améliorent promptement la névralgie, en pansements glycérinés sur le col, répétés deux fois par semaine, pour modifier l’ulcération fongueuse de la muqueuse qu’on touche, avant d’appliquer chaque pansement, avec une solution alcoolique d’acide picrique à 10 p. 100.
L’amélioration est notable.
La régression de l’ulcération se fait en même temps que la diminution de volume de l’organe, et sous peu de jours la malade pourra être mise en liberté, guérie de son ulcération.