‹ De la migraine tardivement aggravéeChapitre 13 sur 20 · DANCE DU · texte numérisé non relu

DANCE DU

L'examen des urines nous apprit qu'elles ne contenaient ni sucre ni albumine.

Dans nos observations personnelles, trois faits ont retenu notre attention.

Tout d'abord, c'est la concordance étroite des crises d'hémicranie avec les époques menstruelles.

Nous avons vu la migraine débuter chaque fois avec l’inslallation des règles. Nous avons vu que dans ces trois cas la migraine évoluait parallèlement au cours des règles, cessait avec celles-ci pendant tout le temps que durait la gestation et réapparaissait avec les règles, plus ou moins longtemps après l'accouchement.

Nous avons également pu observer que lorsqu'un accident survient au cours de la menstruation, que les règles deviennent irrégulières dans leur apparition, dans leur durée ou dans leur quantité, survient parallèlement une aggravalion très notable dans les phénomènes subjectifs douloureux qui accompagnent les crises de migraine.

Chez l’une de nos malades enfin, la seule qui en soit à la ménopause, nous avons vu augmenter tous les phénomènes morbides.

Le second fait qui a relenu notre attention est le suivant : c’est le besoin si fréquent d’uriner qu'accusent les malades au cours de leurs crises. Chez les unes, ce besoin est impérieux et dure tout le temps de l'accès; chez l'autre, il n'apparait que par crises, mais n’esl pas moins impérieux. Nous ne croyons pas que ce fait ait été signalé avec ces caractères. Bioglio a bien étudié le chimisme urinaire au cours de la crise d'hémicranie et pour lui il y aurait accélération des échanges azotés et, au contraire, hypoazoturie, hypochlorurie, hypophosphaturie dans les périodes intermédiaires. Il y aurait

RL EE rétention d'azote, de chlorures, de phosphates pendant les périodes de repos et la migraine serait peut-être provoquée par cetle accumulation de déchets dans l'organisme. La décharge aurait lieu et après la crise l'organisme serait en équilibre. |

Le troisième point est la fréquence et l'intensité de cette douleur ayant pour siège la mastoïde et l’occiput, douleur en tous points comparable à celle du point de départ de la crise. Nous nous contenterons de la signaler, laissant à d’autres le soin d’éclaircir l’origine de ces points douloureux maxima.

D'autre part, nous pouvons, d’après les observations de M. le Dr Mathieu, d’après les observalions recueillies dans le cahier de la consultation de M. le Professeur Pitres et d’après nos propres observations, établir un type de migraine tardivement aggravée.

Le plus souvent, les malades sont des femmes qui, migraineuses depuis la puberté, ont eu des crises d’hémicranie à chaque période menstruelle ; ces accès, d'abord courts, augmentent pour arriver à évoluer en vingt-quatre ou trente-six heures à la période moyenne de la vie. Puis, aux approches de la ménopause, quand les règles deviennent irrégulières soit dans leur quantité soit dans leur durée, la migraine devient plus tenace. Ces accès ont tous leurs caractères d’autrefois, mais durent beaucoup plus, sont plus douloureux; les vomissements deviennent plus fréquents, revêtent parfois l'allure des vomissements incoercibles de la grossesse. De plus, on note des phénomènes accessoires : bourdonnements d'oreille, hallucinations visuelles qui font leur apparition en même temps que se fait l'augmentation de la douleur chez des sujets qui jusque là en avaient été exempts. Le temps qui sépare deux accès devient de plus en plus court, les rémissions sont moins longues et aussi moins complètes. La malade vit dans un état de mal migraineux, coupé de crises paroxystiques très pénibles d’où elle sort absolument épuisée.

Et ces migraines, qui sont à n’en pas douter en rapport avec la ménopause, comme l’avait si justement remarqué

aus

a —— noire maitre M. le Professeur agrégé Abadie, méritent bien les dénominations de «migraine augmentée » ou de «migraine augmentée de la ménopause» que nous retrouvons en marge

du cahier de la consultation auquel nous avons emprunté quelques-unes de nos observations.

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