‹ De la migraine tardivement aggravéeChapitre 15 sur 20 · UN RES · texte numérisé non relu

UN RES

éloigné de penser que cette disproportion est due à la fonclion ovarienne, fonction périodique qui n’a pas son équivalent chez l'homme.

Chez bien des femmes migraineuses, le rapport est étroit entre la menstruation et les crises d'hémicranie. D'autre part, toutes les femmes réglées ne sont pas soumises à la migraine ; de là à penser que chez les femmes qui ont la migraine pendant leurs règles il doit y avoir un vice organique profond de l'ovaire, il n’y a qu’un pas. Ce pas nous le franchissons en nous basant sur l'étude des trois observations que nous avons exposées dans le précédent chapitre. Nous avons vu, en effet, que des troubles au cours de la menstruation ont amené, à n'en pas douter, une augmentation très sensible des symptômes objectifs de la migraine. Avec l'irrégularité dans l'apparition des règles, avec l'abondance plus grande de sang perdu pendant une de ces périodes, avec une diminution dans la durée de l'écoulement sont apparus des troubles hémicraniens plus violents, plus fréquents, s’accompagnant loujours de vomissements plus nombreux. Et nous arrivons à ce fait qui nous parait très important, c’est la disparition des migraines pendant la période de gestation chez toutes nos malades. Bien que l’une d'elles au cours des deux premières grossesses ail conservé des crises de migraine, le fait ne nous paraît pas perdre de sa valeur. Ces deux grossesses se sont, en effet, terminées par deux fausses couches. Et nous nous demandons si ce fait n’est pas fonction de l'insuffisance de l’ovaire.

Reprenons les faits :

Deux grossesses terminées par deux fausses couches. Pas de stigmates syphilitiques, la première étant d’ailleurs plus âgée que la seconde, et une troisième grossesse arrivant à Lerme plus tard.

Pendant les deux premières grossesses, les migraines persistent, réapparaissent tous les mois. Pendant la troisième grossesse, arrivée à terme, la migraine a disparu en même temps que les règles et n’a reparu qu'avec le retour de celles-ci.

Chez nos deux autres malades, l'apparition des règles

amène des crises de migraine ; pendant toutes les grossesses de ces deux malades — s’élevant au nombre de six — disparition des migraines; réapparilion des phénomènes douloureux hémicraniens avec la réapparilion des règles.

D’après ces cas, trop restreints en vérité, mais cependant si nets, il semble bien que chez notre première malade les migraines se sont reproduites malgré les grossesses, parce que Loutes deux devaient s'achever avant terme. Et nous sommes amené à parler du corps jaune de l'ovaire et à attribuer à l'insuflisance de cet organisme périodique, les causes du mal.

On sait, les physiologistes et aussi les embryologistes nous l'ont appris, que dès que l'œuf est fécondé, se développe au point qu'il occupait dans l'ovaire un organisme nouveau qui rapidement prend, histologiquement parlant, des proportions énormes. Cet organisme nouveau est le corps jaune.

Nous savons, d'autre part, les mèmes physiologistes nous l'ont appris, que l'œuf infécondé est remplacé dans le stroma de l'ovaire par un corps jaune qui n’a pas les mêmes proportions que celui qui remplace l'œuf fécondé. Le corps jaune de l'œuf stérile ne tarde pas à disparaître; son existence est intermenstruelle, il ne reste à la place qu'il occupait qu'une cicatrice rétractée. Le corps jaune de l’œuf fécondé dure autant que la gestation et conserve de grandes dimensions ; il est lui aussi intermenstruel, mais cet intervalle dure autant que la période aménorrhéique.

Après l'accouchement, le corps jaune tend à disparailre et lorsque la disparition est un fait histologiquement accompli, les règles réapparaissent. Le corps jaune hypertrophié de la gestation doit bien avoir une fonction, puisque, en vertu d'une loi générale, la fonction crée l'organe.

A la suite de Brown-Séquard, les physiologistes ont fait de cet organe une glande spéciale à sécrétion interne, sécrétion d’abord attribuée à l'ovaire. Dans un compte rendu à la Société de biologie, Lambert montrait que l'extrait d’ovaire dépourvu de corps jaune n’est pas toxique et ne possède aucune action sur la circulation et le système nerveux. Ce

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