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DE L*ORDRE DE BATAILLE

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ger quelque chose à la tactique de leur infanterie. C'était en effet leur réserve qui avait la meilleure arme contre la cavalerie, et ils comprirent que la pique des triaires, si elle était placée sur le front, pourrait plus facilement soutenir le choc des cavaliers ennemis. Aussi, quand la division en cohortes eut prévalu, les différentes armes furent-elles réunies dans le même corps : on les distribuait suivant Fespèce d'ennemi qu'on avait à combattre, et il suffisait de faire faire quelques évolutions très-simples et très-promptes pour placer chaque arme comme l'exigeait la nature du combat.

Dès lors la distance primitive de trois pieds ne fut plus fondamentale dans l'ordonnance romaine. On la garda toujours dans les combats contre l'infanterie, mais on l'abandonna toutes les fois qu'on eut à lutter contre un corps nombreux de cavaliers. Pour résister au choc, les fantassins se serraient les uns contre les autres, et l'infanterie légionnaire paraissait ainsi tellement redoutable, que la cavalerie ennemie ne l'attaquait souvent que de loin et à coups de flèche. Les Parlhes n'osèrent aborder les légions commandées par Antoine (i); la nombreuse cavalerie du roi Orodès fut facilement défaite par Pompée (2), et, dans la bataille de Nicopolis, toute celle du roi Pharnace fut chargée et mise en fuite par une seule légion de l'armée de Domitius (3).

Cette distinction qu'on avait établie entre l'ordre de bataille employé contre l'infanterie et celui dont on se servait contre la cavalerie était excellente : elle eut, nous le voyons, de beaux résultats. Mais

(1} Plut., Ant. — (2) Dion. Cass., XXXIV. —(3) Hirtius, de Bel. alexandrin 0, 40.

plus tard, en voulant ajouter innovations sur innovations, on altéra toute l'ancienne ordonnance, et c'en fut fait de l'antique et glorieuse tactique qui avait produit tant de triomphes. « On ne peut voir sans indignation, dit un habile commentateur (1*), la mauvaise ordonnance que les Romains, au temps de Végèce, avaient substituée aux anciens modèles... Presque toutes leurs armes étaient des armes de jet comme des arcs et des frondes. D'un rang à l'autre il y avait six pieds d'intervalle, mais dans les liles on avait retranché les trois pieds de distance, parce qu'on ne se battait plus avec l'épée : on avait même

oublié le véritable usage du pilum On ne saurait

rien imaginer de plus pitoyable, et les deux chapitres de Végèce marquent bien clairement la décadence de la bonne discipline chez les Romains. » Un tel jugement, porté par un homme qui a écrit sur la tactique des anciens et des modernes plusieurs ouvrages très-estimés des savants et des hommes de l'art, n'est pas fait pour nous engager à entrer dans une étude approfondie de l'ordonnance exposée par Végèce. Celui-ci, d'ailleurs, de l'avis de tous ses commentateurs, donne sur ce sujet peu de renseignements bien exacts. Il confond à chaque instant des choses qui ont rapport à des époques toutes différentes, et nous ne pourrions que nous égarer en voulant le suivre pas à pas. Nous négligerons les détails où il nous semble se perdie, et nous nous contenterons d'énumérer brièvement les sept ordres de bataille qu'il nous dit avoir été les plus usités de son temps.

(1) Guischard, Mcm. milit.

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Le premier ordre est un carré long, présentant la plus grande face à Tennemi. « Les habiles militaires, ajoute-t-il, ne le trouvaient pas le meilleur, parce que Tarmée occupant une très-grande étendue de terrain, il lui est, pour ainsi dire, impossible, à cause des inégalités que présentent les plaines même les plus unies , de marcher d'un front égal; ce qui l'expose à être facilement enfoncée. »

Le second ordre est oblique. La gauche sert de pivot, la droite opère sur elle un quart de conversion, et l'on atta(iue avec cette droite la gauche de l'ennemi.

Le troisième est semblable au second; seulement, c'est la droite qui sert de pivot et la gauche qui attaque.

Le quatrième est direct; mais tout le front n'agit pas en même temps, les deux ailes vont en avant et attaquent les deux ailes qui leur sont opposées, tandis que le centre, laissé en arrière, attend, pour opérer, (juc la confusion se soit mise dans les rangs de l'ennemi.

Si celui-ci résiste à la double attaque des deux ailes, le centre reste alors découvert et peut être enveloppé. Le cinquième ordre consiste à le défendre en plaçant devant le front les fantassins légèrement armés.

Le sixième est presque semblable au second; la droite attaque la gauche de l'ennemi, et la gauche reste en arrière : mais, en même temps que cette droite attaque, il y a d'autres troupes qui prennent, en liane et par derrière, la partie attaquée de front.

Enfin, le septième consiste à prendre un appui

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naturel, un fleuve, une montagne, pour un des lianes. On porte sur l'aile qui n'a .aucun appui la plus grande partie de ses forces et surtout la meilleure cavalerie. C'est ainsi que César, à la bataille de Pharsale, ayant beaucoup moins de cavalerie que Pompée, appuie la droite de son infanterie à une rivière, range ses cohortes en bataille et poste à leur gauche sa cavalerie tout entière.

Ces différents ordres, nous le comprenons, pouvaient être facilement suivis dans l'ancienne ordonnance de l'armée romaine, et il n'était nullement besoin de tous les changements survenus au temps de Végèce pour en rendre l'exécution plus prompte

et plus aisée.

Nous voyons donc l'apogée de la tactique militaire des Romains vers la fin des guerres puniques, au temps de Marins, au temps de César, et c'est à cette époque que nous nous attachons le plus volontiers; c'est alors que nous pouvons le mieux apprécier le mérite des généraux; car la composition de l'armée se prêtant, comme nous l'avons dit, à toutes leurs volontés, ils se servaient, selon leur mérite personnel des avantages que mettait entre leurs mains le commandement d'un tel corps. Avec l'ordonnance légionnaire, telle que nous l'avons décrite, un bon <rénéral était presque sûr de la victoire, et si, pendant îes guerres puniques, la République éprouva de grands revers, nous pouvons les attribuer à l'incapacité personnelle de quelques généraux imprudents non moins qu'à l'habileté dé l'ennemi qu'ils eurent à combattre. Pour rendre cette vérité plus sensible, il suffit d'examiner deux batailles dont les résultats furent tout à fait différents : l'une, qui fut une san-

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glante défaite pour les Romains, et qui mit, par l'imprudence du consul, la République tout entière à deux doigts de sa perte; Tautre, qui fut un triomphe éclatant, et qui la fit sortir victorieuse de la lutte la plus terrible qu'elle eût jamais eu à soutenir. Nous voulons parler de la défaite de Cannes et de la victoire de Zama.

L'armée romaine était commandée par Émilius et par Varron, l'un prudent et voulant se tenir sur la défensive, l'autre emporté et brûlant du désir de combattre. L'impatient Varron n'a pas plutôt reçu la lettre du sénat qui inclinait à la bataille, qu'il n'écoute plus rien et se résout à la donner dès que son jour de commandement est arrivé. Sans comprendre la véritable composition de son armée, il juge à propos de changer l'ordonnance ordinaire de l'infanterie. Pensant que les succès antérieurs d'Annibal tenaient à ce qu'il donnait à ses troupes une plus grande hauteur, il tache de lui opposer une ligne aussi profonde que la sienne, a II donne, dit Polybe, dans cette circonstance, aux manipules, plus de protondeur que de iront, et resserre par conséquent les intervalles entre les manipules à proportion de cette diminution de front. » Il résulte de cette disposition que l'infanterie romaine ne peut profiter de sa supériorité numérique pour s'étendre sur un assez grand front, et, quoique la légion ne soit pas faite pour manœuvrer en ordre serré dès le commencement d'une bataille. Varron lui impose cet ordre. Gela fait, il porte la cavalerie romaine à l'aile droite et celle des alliés plus nombreustî à l'aile gauche.

Annibal, qui voit cette disposition, oppose d'abord

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à la cavalerie romaine sa cavalerie gauloise et espagnole, beaucoup plus nombreuse, et s'assure le succès de ce côté : il place à l'aile gauche ses cavaliers numides, qui doivent simplement tenir les alliés en respect, en attendant que la cavalerie de Taïle droite, victorieuse, arrive à leur secours. Puis, pour profiter de la première faute de Varron, il donne à son infanterie moins de 'profondeur qu'à l'ordinaire, et étend sa ligne en proportion : les Africains aux deux ailes, les Gaulois et les Espagnols au centre, l'infanterie légère en avant.

Le combat s'engage, comme toujours, entre l'infanterie légère des deux partis et entre les deux corps de cavalerie. Les cavaliers gaulois et espagnols, par une charge brillante, renversent la cavalerie romaine : les Romains, se voyant pressés, sautent à bas de leurs chevaux poiir combattre à pied. Ce n'est plus, dit Polybe, un combat de cavalerie comme des peuples bien disciplinés et bien exercés le livrent, mais un combat à la façon des Barbares, sans observer ni rang ni ordre. Plutarque raconte qu'Annibal, en leur voyant opérer cette imprudente manœuvre, s'écria : « Je les aime mieux comme cela que si on me les eût Uvrés pieds et poings liés (1). » Certain du succès de sa cavalerie, il ordonne aussitôt au centre de son infanterie de pousser en avant, et de former dans cette marche une courbe, une espèce d'arc de cercle appuyé des deux côtés aux deux ailes d'infanterie restées en droite ligne. Les troupes légères s'étant bientôt retirées, la charge ■commence, et les Romains s'élancent avec valeur

(\) Voir ce que dit Machiavel de ce mot d'Annibal {Disc, sur Tife-Live).

ItE LA .MILICE ROMAINE. **

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sur le saillant de la courbe qui leur est présentée. Les Gaulois et les Espagnols tiennent bon, et, tout en résistant courageusement, se retirent peu à peu devant le choc des Romains, pour obéir aux ordres qu'ils ont reçus.

Les Romains croient triompher : ils ont repoussé la courbe du centre, ils veulent maintenant le percer ; la réserve se joint pour cela aux princes et aux hastats, elle augmente les liles en les confondant. « Les troupes, dit Polybe, se serrent toutes vers le centre, au point de s'attrouper et de confondre les files. » Annibal, sans perdre de temps, réunit les troupes légères, retirées derrière l'armée, en forme un corps capable de résistance, et le place sous le centre attaqué, en lui faisant décrire une courbe semblable à la première, mais en arrière. Les Gaulois, qui ont résisté courageusement avec huit hommes de profondeur, peuvent alors plier devant l'ennemi, et reçoivent Tordre de se retirer sur cette nouvelle courbe. Les Romains, plus emportés que jamais par la certitude d'une victoire facile, s'élancent dans le piège. « Tout accourt, tout s'attroupe « et se fait entraîner avec le centre dans la crea vasse (1). » Dès qu' Annibal voit que les ailes romaines se sont dégarnies pour se précipiter ainsi vers le centre, il ordonne aux deux ailes de son armée un simple mouvement de conversion : les Romains se trouvent pris sur le front et sur les deux côtés en même temps. « Les Africains de la droite, en faisant la conversion de droite à gatche, se trouvent tout le long du flanc de l'ennemi, aussi

(1, Polybe.

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bien que ceux de la gauche, qui la font de gauche à droite (1). » Nul effort ne peut rétabhr l'ordre parmi les Romains. C'est en vain qu'Émilius accourt au milieu des siens pour les soutenir : il meurt en combattant avec eux.

Pour les achever, la cavalerie d'Asdrubal, qui vient de mettre en fuite successivement celle des Romains et celle des alliés, s'élance victorieuse par le seul côté (jui leur laissait encore une issue; dès lors, ils sont tout à fait enveloppés, et trois mille hommes à peine survivent au massacre que font les Carthaginois. Grand désastre, qu'on ne peut imputer, nous le voyons, à l'ordonnance de l'armée romaine, mais bien à l'incapacité de Varron, qui, se livrant à son imagination impatiente de toutes les règles, voulut cjianger la disposition ordinaire des légions, et commit coup sur coup plusieurs fautes

irréparables.

Il n'en fut pas de même à la bataille de Zama. L'habileté de Scipion n'innova rien dans la composition des manipules; il sut, en laissant aux rangs et aux files leur nombre d'hommes régulier, trouver la victoire dans l'ordre légionnaire. Si l'imprudence de Varron avait pu donner un moment à Annibal^ à la bataille de Cannes, l'espoir de triomphe-^ de Rome et de conquérir l'Italie, la tactique prudente et réservée de Scipion devait lui enlever, à Zania, avec tous ses grands projets, la consolation de sauver sa patrie.

Annibal avait rangé son armée sur trois lignes : la première composée des Gaulois, des Liguriens,

(1) Polybe.

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des Baléares et des Maures que la République avait pris à sa solde; la seconde, des Carthaginois et des Africains de nouvelle levée; la troisième, à une assez grande distance de la seconde, composée de ses vieilles bandes d'Italie. Aux deux ailes de sa première ligne se trouvait la cavalerie : à Taile droite, les Numides, et à Faile gauche, les Carthaginois. Entin, sur le front de Tannée, étaient postés plus de quatre-vingts éléphants.

Scipion, voyant cette disposition, oppose aux cavaliers numides d'Annibal la cavalerie nombreuse de Massinissa, son allié, et aux cavaliers carthaginois la cavalerie romaine et itahenne commandée parLélius. Son intention est de se débarrasser d'abord des éléphants; il adopte donc dans son infanterie Tordre en colonnes, dont nous avons parlé plus haut, et place les manipules des princes derrière ceux des haslats, pour rendre aisé le passage des éléphants par les intervalles réguliers qui se répondent Tun à Tautre sur les trois lignes. Les vélites se tiennent dans ces intervalles, à la première ligne, tout prêts à s'élancer, et à s'attaquer aux éléphants, alin de leur faire rebrousser chemin ou de les diriger dans les intervalles.

« Lorsque tout fut prêt, ditPolybe, après plusieurs escarmouches engagées par les Numides des deux armées, Annibal donna ordre aux conducteurs des éléphants de marcher à Tennemi. Mais, au bruit des trompettes et des clairons qui sonnaient de toutes parts, ces animaux, effarouchés, se retournèrent en grande partie contre les Numides auxiliaires de Carthage, et Massinissa, profitant de Toccasion dégarnit de sa cavalerie Taile gauche de

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Tennemi par un rapide combat. Les autres éléphants tombèrent sur les vélites, entre les deux armées, et rendirent largement tout le mal qu'on leur put faire, jusqu'à ce que, saisis de crainte, les uns se lancèrent à travers les intervalles ménagés dans l'armée romaine, qui, grâce à la prévoyance du général, put les recevoir sans que rien fut troublé, tandis que les autres, emportés à droite et criblés de traits par la cavalerie de Lélius, furent enfin poussés hors du champ de bataille. Lélius, à la vue du tumulte causé par les éléphants dans la cavalerie carthaginoise, se jeta sur elle, la força à fuir en désordre et la poursuivit avec ardeur; Massinissa en lit autant (1). »

Alors les hastats s'avancent sur la première ligne d'infanterie ennemie. Celle-ci reçoit leur choc avec courage, et se maintient pendant quelque temps. Les princes viennent au secours des haslats, les soutiennent et doublent leurs forces. La seconde ligne d'Annibal, au contraire, paralysée par la crainte, ne fait rien pour soutenir les mercenaires, sur qui retombe tout le poids de la lutte. Furieux d'être ainsi abandonnés, ils tournent leur rage contre cette seconde ligne, qui ne leur a pas prêté secours, la culbutent, et prennent la fuite avec elle devant les hastats et les princes, qui les poursuivent. Ils fuient jusqu'à la réserve, et Annibal, pour les empêcher d'y jeter la confusion, ordonne à ses vétérans de croiser les piques sur eux sans les admettre dans leurs rangs. « Il ne laissa pas ceux qui avaient échappé à la mort se mêler à ses troupes, et or-

(i)Pol., XV, 12.

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donna à ses soldats de baisser leurs sarisses pour les repousser, si bien qu'ils se virent forcés de se réfugier \ers les ailes ou dans la plaine des deux côtés ouverte à leur fuite (1). »

Reste donc cette redoutable infanterie, composée des vieilles bandes tant de fois victorieuses des Romains en Italie : c'est en elle qu'Annibal met toute sa conliance, c'est elle qui va décider du sort de Cartilage. Scipion craint que son ennemi ne prolite de la marche en avant des hastats et des princes pour se jeter sur eux; il les rappelle immédiatement, prend toutes les précautions nécessaires pour un second combat, qu'il suppose devoir être plus terrible que le premier, rassemble toutes ses troupes, et marche à cette troisième ligne, lentement et en bon ordre. Tout est égal entre ces tiers combattants : la plupart meurent obstinément à leur place, et la bataille est longtemps indécise (-2). Mais tout à coup Lélius et Massinissa, sans s'amuser à poursuivre ceux qu'ils ont mis en fuite tout d'abord, reviennent sur leurs pas, et prennent en queue l'armée d'Annibal, qui ne peut tenir contre ce nouvel ennemi. Le carnage est terrible : vingt mille Carthaginois restent sur la place, le reste est fait prisonnier. L'empire du monde appartient aux Romains.

C'est après le récit de cette mémorable journée que Polybe, en examinant la conduite d'Annibal (3), fait sur Tordre en bataille des Romains une observation générale, qui terminera ce chapitre : « Rien de plus difficile, dit-il, que de rompre leurs colonnes et leur ordre de bataille. Ils n'ont qu'une mail) Pol , XV. li. - K% Pol., XV. i:V - (3) Pol . XV, \X

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nière de ranger leurs troupes, mais ils le font si bien, que les soldats, isolés ou réunis, combattent partout à la fois, et que les manipules, qui se trouvent le plus près du péril, se tournent toujours avec une merveilleuse précision du côté où il menace. Leur armure ajoute encore à leur sûreté et à leur audace. La grandeur de leurs boucliers et la forte trempe de leurs épées en font des adversaires toujours redoutables et presque invincibles (1). »

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