‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 11 sur 126 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

sur tous les points du globe ! Peu importe à quelle heure et en quel jour l'esprit se fixe sur ce triste sujet d'étude, il peut toujours se dire, sans crainte d'erreur : A Tinstant où je réfléchis, la misère achève plusieurs milliers de créatures humaines qu'elle torturait depuis long-temps.

Bien des remèdes ont été tentés, aucun n'a paru complètement efficace. A certaines époques la misère a diminué, mais elle n'a jamais disparu. Il y a plus,

elle ne pouvait pas disparaître; la misère est inhérente à notre nature, comme la loi du travail et celle de la mort, et sa suppression doit être raj[)gée parmi les utopies philantropiques avec la paix perpétuelle et la prolongation indéQnie de la vie humaine.

Est-ce une raison pour renoncer à soulager les maux que nous ne pouvons guérir? Lorsque la souffrance est reconnue inévitable, est-il indifférent qu'elle se développe et s'étende à Tinlini, au lieu d'être restreinte et réduite à sa plus simple expression ? En d'autres termes , est-ce la même chose de souffrir un peu ou de soufTrir beaucoup?

Poser cette question, c'est la résoudre. Si la vila-* lité de la misère est indestructible, son élasticité est prodigieuse. Les fautes des chefs de l'Etat, la mauvaise conduite des classes pauvres, les efforts même des amis de l'humanité, lorsqu'ils ne sont pas dirigés avec intelligence, peuvent augmenter ses ravages dans la proportion la plus effrayante. Les causes contraires

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