‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 120 sur 126 · CHAPITRE VIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIU

Dei UBéUorttioni au régiiM dm prisons et aurcodanMiit de la jnitice.

Il y a une liaison intime entre le crime et la misère» non pas que je veuille dire que les misérables soient tous crinû&elSy mais je dirai que les criminels sont presque tous misérables s le besoin est le principal stimulant qui les pousse au crime; c'est ce dont on se convaincra, si Ton veut ouvrir quelqu'un des mémoires rédigés par des malfaiteurs un peu lettrés, ou par des agens de police d'un ordre inférieur* Ces ouvrages, pour être ignobles et repoussans, n'en sont pas moins instructifs comme présentant des détails de mœurs qu'il serait assez difficile de se procurer autrement.

Si la misère produit le crime, le crime à son tour engen-^ dre et multiplie la misère : Thomme qui vit de rapines ne travaille et ne produit pas, il dépense facilement ce qu'il a gagné sans peine \ lorsqu'il se sent au moment de manquer du nécessaire^ il tente un nouveau coup de main qui lui rend des moyens d'existence; il les gaspille de nouveau, et continue ainsi jusqu'à ce qu'il tombe entre les mains de la justice: le désordre est donc compagnon ordinaire du crime « On a vu pourtant des voleurs qui notaient soigneusement leur dépense et leur recette ; ils balançaient à chaque trimestre le compte des profils et des pertes; leurs livres, tenus en partie double, offraient un parfait modèle de comptabilité; mais ces hommes sont infiniment rares. Le vicei les femmes et la dissipation sont ordinairement la seule pensée du malfaiteur, dans les momens où il n'exerce pas sa coupable industrie.

Le brigandage n'est donc pas moins funeste pour ceux qui s'y livrent que pour ceux qui en sont victimes; il traîne à sa suite, non pas seulement l'immoralité du vol en lui-mé-

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