DE CEUX QUI NE POSSÈDENT RIEN
cbL'sses qui déshérile le resie de l'espèce bamainé? Ne serail-il pas ulile que les ressources fussent partagéeé et que chacun en obtînt une petite part?
A entendre cet argument, on dirait que le riche dévore et engloutit à lui seul la totalité des fruits des champs et la masse entière des récoltes. Il n'en e&l pas ainsi pourtant; les facultés digestives du riche ne croissent pas avecr sa fortune ; quelque opulent qu'on le suppose, iî ne peut pas faûre par jour beaucoup plus de quatre repas.
Il est à désirer sans doute que le noftibre des propriétaires se multiplie , afin que ceux qui vivent du travail de leurs mains trouvent encore quelques ressources quand ce travail vient à leur manquer; mais c'est une erreur de croire que les grandes fortunes soient l'apanage exclusif de leur possesseur et que les classes pauvres n'en prennent pas leur parti même sans aucune bonne volonté du côté du propriétaire; ce n'est pas l'accumulation des richesses, c'est leur mauvais emploi qui appauvrit le pays.
Le prolétaire dépourvu d'instruction peut bien s'indigner d'un partage inégal ; il peut se croire exclu de l'héritage des richesses nationales; mais tel n'est pas le jugement qu'en porte l'homme réfléchi.
Mettons de côté dans le cœur du propriétaire toute idée de bonté et d'humanité naturelle ; supposons-le préoccupé de ses intérêts seuls et à l'exclusion de tout autre sentiment: il n'eu est pas moins obligé de faire part au pauvre de sa richesse. Le temps est passé (du moins en Europe) où les ava-* .res thésaurisaient et faisaient consister leur bonheur à dor^ mir trente ans sur un tonneau d'or; aujourd'hui le riche dépense sa fortune ; il l'emploie quelquefois à des travaux productifs et quelquefois à des travaux improductifs ; mais il l'emploie toujours, et il n'existe encore sous le soleil aucun moyen connu de dépenser son avoir sans ofl'rir des gains à quelque créature humaine. Si le riche fait des achats de quelque nature qu'ils soient , il occupe les producteurs des