‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdesChapitre 39 sur 126 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

D« l'agriculluie, «t «n particulier de la petite culture. •— De U division à^ la propriété. — Ué la 4iviiion de TexploiialioQ.

Bien d'autres, avant nous, ont remarqué qne la nation française avait assez fréquemment quelque chose d'excessif et d'outré dans ses motivemens ; Ténergîe ne lui manque guère, mais la mesure lui fait quelquefois défaut ; il est rare qu'elle reste en repos lorsqu'il faudrait agir, mais son impulsion l'entraîne assez ordinairement au-delà du but qu'elle voulait atteindre. Quand son char a versé à droite, elle le relève si vivement que bien souvent elle le renverse à gauche.

C'est incontestablement ce qu'elle a fait en matière de propriété rurale. Il y a cinquante ans, d'immenses propriétés, rendues indivisibles par les majorais, mettaient le sol entre les mains d'un petit nombre de propriétaires. Si ces détenteurs du sol avaient vécu dans leurs terres comme la noblesse d^Ângleterre, s*ils s'étaient occupés avec Intelligence de gérer et d'améliorer leur bien , l'agriculture n'aurait pas perdu à cette concentration des richesse» territoriales, mais les choses n'allaient point ainsi. Lonis XIV qui, dans sa jeunesse, a été appelé le grand attira à sa cour la presque totalité des grands propriétaires fonciers, il leur donna des habitudes très éloignées de celles des champs. Il leur apprit à préférer Marly et le spectacle de la splendeur royale aux plaisirs moins brillans de leurs châteaux et au bonheur de Tindépendânce. Le jeu, i'inconduite et la 'frivolité absorbèrent à-la-fois les capitaux et l'intelligence des propriétaires des majorats : les terres ne furent plus pour eux des domaines de famille auxquels se rattachaient des souvenirs et des idées de puissance; elles devinrent seulement un moyen de subvenir à leurs profusions et de satisfaire les besoins du moment. Ils s'inquiétèrent peu de détruire

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