DES COMMUNAUX
lîoii ; il est plus utile d'examiner le sort présent des communaux et le résultat de leur état habituel.
Lorsque les communaux consistent en bois aménagés ou en terres affermées, ils ne diffèrent en rien des autres propriétés foncières, si ce n*est qu'ils sont soustraits aux droits ordinaires de mutations. Cette condition particulière n'affecte que Tenregistrement et les revenus du trésor; mais le plus souvent les communaux consistent en vastes friches incessamment parcourus par le bétail et dévastées par les cochons. Je n'ai pas vu les steppes de la Tartarie ni les prairies de l'Amérique ; mais j'ai vu en Afrique les landes ou se promènent les troupeaux des tribus arabes, et je puis nlfirmer qu'elles n'offrent pas un aspect aussi désolé que cer^ tains communaux que je puis indiquer au besoin. La raison est simple -, le fléau du communal , c'est le cochon ; si l'on avait soin de le boucler (i) avant de l'y envoyer, on diminuerait ses ravages; mais cette précaution n'est prise presque nulle part, de sorte qu'il subsiste à peine un brin d'herbe auquel il n'ait mis la racine en l'air. Les Arabes s'abstenant de cochon par raison de conscience, les landes ne sont livrées qu'aux bœufs, aux chèvres et aux moutons ; ces animaux pâturent, mais ils ne retournent pas.
£n France, les communaux offrent ordinairement l'aspect d'une terre irrégulièrement labourée; aucune plante n'a le temps d'y pousser quelques racines: elle parait à peine qu'elle est arrachée par l'animal destructeur. Il en résulte que la fertilité naturelle de la terre se trouve détruite par une perturbation constante ; le même espace demeure ; mais les produits deviennent presque nuls; quelques moutons étiques cherchent en vain leur nourriture à travers les mottes renversées , et la stérilité du sol arrive à un tel degré qu'on nourrit à peine une oie sur l'emplacement où deux bœufs devraient trouver une pâture iibondante.
(x) Le bouclage consiste à lui passer dans une narine un anneau de fer, qui Tempêche de retourner la terre.