DES PRÉS NATURELS
S IV. Des prit no/iiiWf .
Bien qu'on solt généralement revenu aiyourd*hui des idées anciennes sur Texportation du numéraire, etqu*ilne soit plus permis qu'aux gens peu éclairés de regarder comme une cause de ruine les achats faits au dehors , il n*en est pas moins certain que l'importation des produits étrangers peut, en certain cas, être désavantageuse ; je m'explique : lorsque le climat est contraire à la production d'une plante ou d'Un animal, lorsque les matières premières nécessaires à la confection d'un objet manufacturé sont de mauvaise qualité dans un pays , c'est une faute de s'obstiner à faire soi-même ce qu'on pourrait demander à meilleur compte à ses voisins ; on obtient ainsi des objets défectueux et on les paie extrêmement cher. Mais si les étrangers ne doivent pas être exclus du marché d'une nation, les nationaux doivent y être à plus forte raison admis, et c'est une énorme faute de payer chèrement au dehors ce qu'on ferait mieux et à meilleur marché chez soi.
Ces réflexions se présentent naturellement à l'esprit , lorsque l'on songe que la France, avec ses innombrables rivières, ses vallées et son soleil, ne peut pas produire de fourrages et va demander à tout ce qui l'environne des chevaux, des bœufs, des moutons, des laines, des crins, des cuirs,
Telle est notre infériorité pour la production des maiières animales (1), que nous n'essayons même plus de lutter avec
(i) La cherté des maiières animales Tient de la cherté des fourrages à raide desquels elles sont produites; industriellement parlant, la viande, c'est de Therbe avec un degré de préparation de plus : or, la cherté des fourrages vient de leur rareté : en Allemagne, les prés sont aux terres arables dans la proportion de x à 3 ; en France , elles sont dans la proportion de i \ 7* Comment veut-on que nous luttions dans des conditions aussi désavantageuses? Il faudrait changer les proporlious pour rétablir une espèce d'équilibre.