DU PASSÉ D£ QUELQUES ÉTATS
des eDgagemens pris. L*épée déliait de tout a cette époque qu*on appelle le bon vieux temps. Les chevaliers avaleoi plusieurs moyens pour se débarrasser de leurs créanciers ; les plus fréquemment employés étaient de les pendre jusqu*à ce que mort s'ensuivit, d*autres fois ils préféraient les noyer ou leur couper la tête ; mais, quant à ce qui est de les payer, la plupart aurait mieux aimé rester débiteurs toute leur vie. Ce n'émit pas toujours par avarice qu'ils agissaient ainsi; c'était souvent par excès de délicatesse et par scrupule de conscience. D'abord le créancier était quelquefois Juif, auquel cas il devait pour ce seul fait être frustré et mis à mort ; ensuite le prêteur était souvent un usurier; comme on appelait alors ainsi presque tous ceux qui prêtaient de l'argent, il aurait même été difficile qu'il en fût autrement; or, l'usure étant un crime aux yeux de la loi et de la religion, on ne devait point encourager le criminel en le remboursant ; raisonnement lucratif et sans réplique , quand les débiteurs étaient nombreux et nantis de longues rapières ! Dans quel* ques siècles , on aura peine à croire que de puissantes monarchies aient subsisté au milieu d'un pareil ordre social ; et pourtant c'était alors l'état normal de presque toute l'Europe.
Nous venons de parler des engagement des particuliers, voyons maintenant ce que devenaient les engagemensde l'état. La France ne différait pas sur ce point des royaumes qui l'environnaient ; or , nous les voyons tous liquider leurs dettes par trois procédés : l'altération des monnaies, la confiscatipn et la banqueroute ; il n'y a pas encore cinquante ans que nous les avons vus employer tous les trois simultanément. L'usage fréquent de pareils moyens eu a diminué l'odieux aux yeux d'une masse de gens qui les regardent presque comme faisant partie du code politique. La banqueroute en grand paraît si naturelle à quelques-uns, que l'industrie ayant éprouvé en 1839 une gêne considérable* dans un état voisin de la France, plusieurs journaux lui conseillé*