EN MATIÈRE DE FINANCES
rent d*en sortir au moyen d'une faillite générale^ moyen simple et peu dispendieux qui devait , au dire de ces journaux , faire jouir promptement le pays d'une prospérité sans pareille.
Si nous tournons les yeux vers le passé, nous n'y trouvons que de dangereux exemples ; si nous les tournons vers le présent, nous voyons les esprits divisés et une partie de la population se reportant ouvertement vers les habitudes des siècles écoulés. Comment s'étonner ensuite des viees profonds des lois qui nous régissent.
Un grand principe domine tous les autres en matière d'industrie et de produit net, je dirai aussi en matière de morale publique ; c'est la fidélité aux engagemens pris : il n'y a d'exceptions que pour les mineurs , les aliénés et autres semblables auxquels leur faiblesse ne permet pas de contracter valablement; mais ils doivent être mis en état d'interdiction permanente, et rien n'est plus absurde que la création d'une espèce mixte qui contracte des engagemens et ne les exécute pas; c'est là pourtant ce qu'avait créé la loi ancienne et ce que la loi nouvelle a malheureusement maintenu.
Veut-on quelques exemples de cette immoralité dans la loi?
Un homme va à la Bourse et achète des rentes livrables fin du mois ; la fin du mois étant arrivée , il ne veut plus tenir son marché et la loi l'en délie , sous prétexte qu'il a acheté à terme,' cependant cet homme aurait accepté le marché, si le hasard l'eût rendu avantageux. Il se réservait donc la chance de gagner frauduleusement de l'argent, tout en étant parfaitement certain de n'en pas perdre?
Il faut remarquer que le marché à terme est autorisé sur toute autre marchandise que les rentes; on vend à terme du blé, des bois, des terres; il se fait en France cent fois plus de marchés à terme que de marchés au comptant. Le marché à terme offre de nombreux avantages , et notamment celui d'empêcher les oscillations subites dans le prix des