DES PROSPECTUS INDUSTRIELS
me répondit : Mon serment auraii été' vrai, mais il y a des gens qui Sauraient cru faux. Ainsi le plaideur le moins consciencieux et le moins soigneux de sa réputation est sûr de l'emporter, lorsque le serment est admis.
Je ne demande pas une nouvelle loi du sacrilège, ce n'est pas comme profanateur des choses saintes qu'on devrait poursuivre le parjure, mais bien comme escroc et voleur. Que se propose-t-il? De soustraire frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas : or, c'est là un acte qui mérite les travaux forcés ou tout au moins la détention. Qu'on ne lui inflige, si l'on veut, aucun châtiment pour son mensonge; mais, au moins, que le tort qu'il a fait soit réparé et que le vol ne reste pas impuni, parce qu'on l'a orné de parjure.
Ce serait une excellente institution que le serment judiciaire , s'il donnait lieu , en cas de fausseté, à des peines très sévères ; mais tel qu'il est actuellement constitué , c'est une des causes les plus actives de démoralisation dans les campagnes.
Je me suis efforcé souvent de compii^ndre quelle espèce d'avantage il pouvait produire et quelle consolation il apportait aux plaideurs; j'ai conclu avec Jérémie Bentham qu'il ne leur donnait aucune autre satisfaction que celle de voir leur adversaire se damner en leur présence : il faut avouer que c'est un plaisir peu chrétien.
Q IV . Des prospectus industriels.
L'industrie française ne demande qu'à prendre son essor ; tous les deux ou trois ans nous voyons les capitaux affluer à la Bourse et les actions monter à 2 ou 300 pour 100 de leur valeur d'émission. Ces époques périodiques de prospérité sont suivies de réactions aussi régulières que le retour de la marée. Les capitaux se retirent des entreprises qu'ils avaient inondées ; l'empressement fait place à une panique