DE LA BAISSE DES SALAIRES
la preuve, c'est que les tribunaux se montrent excessivement indulgens non-seulement pour les faits de coalition, mais encore pour les abus qui en sont résultés ; par exemple, les violences exercées sur des ouvriers non coalitionistes sont excusées ou légèrement punies, cl pourtant ce sont des actes excessivement graves, réunissant le double caractère de la spoliation (1) et de la voie de fait. Pourquoi le juge hésite-t-il à les punir? parce qu’il sent que si l’ouvrier coalitioniste s’est rendu coupable d’une injustice envers son camarade qu’il a empêché de travailler, il a été poussé à cette injustice parcelle dont il était lui-même victime. Si l’on veut que l’ouvrier ne dépasse pas les bornes d’une liberté sage et réglée, il faut lui accorder celle liberté complète ; la lui refuser, c’est le pousser à aller beaucoup plus loin.
En effet, l’ouvrier peu instruit ne comprend pas toujours les motifs d’utilité publique sur lesquelles la loi est établie ; quelquefois il s’arrête devant un principe ; d’autres fois il s’arrête devant une pénalité. S’il encourt la pénalité pour avoir usé de ses droits légitimes, que risque-l-il en les outrepassant? Un excès decoërcitionamèneuneréaclion et se corrige par un excès contraire. C’est ainsi que l’oppression conduit ordinairementà la licence, tandis que l’ordre et le respect de la loi n’ont pas d’auxiliaires plus puissans que la liberté.
Le fait de réunion des ouvriers devrait être 'ouvertement permis par la loi ; on devrait lui ôter ce titre de coalition qui ne prouve rien à personne , parce qu’on ne change pas la nature des choses en les affublant d’un titre bizarre , et après avoir permis à l’ouvrier d’user pleinement de ses droits, on pourrait exiger de lui qu’il permit à ses camarades d’user des leurs (2).
(i) Le travail est la propriété de l’ouvrier ; c’est le dépouiller que de le lui dler raalgré lui.
(a) Il y a eu des coalilious Icllcment absurdes qu’on ne saurait trop s'élon. ner de l'esprit irréfléchi qui les avait créées; par exemple dans une grande ville de France , certains travaux qui se faisaient à la pièce se trouvèrent io-