CAUSES DE LA DISÈRE
pendant dix années : l'emploi habituel des substances animales dans la nourriture du pauvre est donc un puissant préservatif contre la famine.
Il y a peu d'inondations qui ne puissent être prévenues par des’travaux d'art habilement conçus. Les incendies peuvent être raréfiés par des précautions judicieuses et leur effet at-^ ténué par l’emploi des compagnies d’assurances; il est peu de fléaux accidentels qu’il ne soit possible de détourner ou d’adoucir. La marche de la civilisation les rend de jour en jours moins fréquens et moins destructeurs; la bienfaisance peut et doit venir au secours de leurs victimes. (1) ■
Mais les cas exceptionnels ont peu de gravité si on les compare à la cause habituelle de toutes les misères : c’est d’elle que nous allons nous occuper.
plus invariable des lois qui régissent le globe, c’est que chaque être créé doit subvenir à ses propres besoins. Il n’y a pas une espèce, même parmi celles qui sont privées de raison, qui ne soit pourvue des moyens d’assurei* son existence ; l’homme a été richement doté par la nature entre tous les autres, puisque, indépendamment de la force physique qu’il possède eu commun avec les animaux, il a reçu en partage l’intelligence qui doit diriger ses efforts. Quelques-uns ont pensé que le créateur devait veiller individuellement sur chacune de ses créatures et lui procurer chaque jour de nouveaux moyens d’existence, sans aucun travail et sans aucun concours de la part de la créature. Ceux qui ont parlé ainsi ont étrangement abusé du nom de la Providence ; ils se sont mis eu opposition avec Tuniversalité des faits: nous ne voyons pas que le ciel aide beaucoup ceux qui ne veulent pas s’aider eux-mêmes. Les temps sont passés o,ù la
(i) Les hà(iilaiix reçoivent presque partout les blessés; pour les usaladies, elles doivent être prévues par les ouvriers. Et quand uuus aurons avancé encore dans la carrière de la civilisation, nous verrous sans aucun doute se généraliser les associalious qui assurent aux malades les secours de l’art , et les moyens pécuniaires d'alleudre en repos la guérison.