‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 17 sur 117 · CAUSES DE LA HISÈRE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA HISÈRE

roanne lombait chaque malin dans le désert; une autre ressource, unique, mais inépuisable, a été mise à la disposition de l’homme ; c’est le travail. Il faut seulement qu’il veuille bien faire usage, d’une part, de ses bras et de sa personne, d’autre part, des lumières de son esprit pour diriger ses efforts dans une voie fructueuse.

Le prolétaire que l’éducation n’a point éclairé est ordinairement plus apte au travail manuel qu’aux combinaisons de l’intelligence: voilà pourquoi nous le voyons presque toujours se mettre volontairement sous la direction des hommes instruits qu’il regarde avec raison comme des guides plus capables que lui-méme. '

Il faut, pour que le travail du prolétaire le fasse vivre : 1° que ce travail ne vienne pas à lui manquer ; 2° que luimême ne manque pas au travail et ne conçoive pas la funeste idée de s’y soustraire; 3° que le prolétaire ne soit pas poussé dans une fausse voie et appliqué à un labeur improductif; 4° que les produits de son travail ne soient pas gaspillés soit par sa propre inconduite , soit par la fraude, la sottise ou la violence d’autrui. Le travailleur vivra donc toujours à l’abri de la misère , s’il trouve constamment un travail justement rétribué , si sa propriété grande ou petite est protégée par la loi et si une éducation simple , mais droite, lui fait concevoir la nécessité d'accepter le travail et d’en utiliser les fruits.

Nous prouverons que ces conditions ne se trouvent réunies dans aucun pays; qu’aucune d’elles n’exisie eu France d’une manière complète, et que c’est à leur absence que les maux de la misère sont dus.

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