‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 19 sur 117 · CAUSES RE LA MISÈRE · texte numérisé non relu

CAUSES RE LA MISÈRE

vices ne sont plus en rapport avec leurs exigences , elles descendent infailliblement sur l’échelle sociale; elles se dégradent, soit individuellement, suit en bloc, et ceux qui commandaient sous le chef suprême du pays se mettent à obéir à des nouveau-venus qui déploient plus de talens qu’eux.

Lorsque le simple propriétaire a dépensé plus qu’il ne pouvait produire, il perd son rang, ses biens et quelques-uns de ses droits d’homme libre ; il devient prolétaire, ouvrier, et s’il ne réussit pas encore à se soutenir à cet avant-dernier grade , s’il fait des dettes qu’il ne puisse pas payer, ou si, pour ne pas en faire, il se prive du nécessaire, il devient détenu ou mendiant, ou bien il va à l’hêpital. Si le mendiant veut encore descendre, il faut qu’il devienne malfaiteur ou bien qu’il passe de vie à trépas.

Les services rendus au pays sont de deux sortes. Les uns ne peuvent être estimés d’une manière positive et laissent toqjours un peu de vague et d’incertitude dans leur appréciation : tels sont les services militaires, les fonctions judiciaires, législatives et ecclésiastiques ; les autres se réduisent en argent et rien n’est plus facile que d’en déterminer la valeur avec une précision mathématique.

C’est à cette dernière classe qu’appartiennent les travaux de l’ouvrier; plus ils sont utiles au public , plus ils sont recherchés par les industriels qui se chargent de placer leurs produits, et plus par conséquent ils sont largement rétribués: dans les pays où la libre concurrence est admise, le salaire de l’ouvrier est la mesure exacte de l’utilité de sa vie; ainsi celui qui n’a jamais pu obtenir qu’un prix minime de ses efforts doit être considéré comme n’ayant pas utilisé ses moyens autant que celui qui a gagné de fortes journées.

Nous démontrerons plus tard que, sauf toujours les cas exceptionnels, chaque homme est pourvu de la faculté, nonseulement de vivre avec aisance, mais encore de laisser après

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