HAUTS ET BAS SALAIRES
l'y uuicucr , niais seulement pour un laps de temps assez court et toujours de sou consentement.
Sous tes gouvememens absolus , l’industrie est ordinairement peu développée , et ce ne sont pas ses abus , mais son absence qu’il y a lieu de redouter. r
Les salaires s’élèvent ou s'abaissent ordinairement par la force des choses et, bien qu’il soit le plus souvent facile de prévoir leurs variations, il est presque toujours impossible de les diriger (1). Ce n’estqu’en examinant des opérations commencées qu’on peut se rendre compte de leurs résultats; et les gouvememens les plus puissans ne peuvent exercer sur les salaires l’influence la plus légère, s’il ne s’y prennent longtemps à l’avance et s’il ne donnent l’impulsion aux entreprises qui ne sont pas eneore entamées.
Pour revenir aux deux questions qui ont été posées plus haut sur les avantages respectifs des salaires bas ou élevés, <. nous ne nous occuperons point de leurs dissidences ; nous chercherons au contraire par quel côté elles se rapprochent, et si nous trouvons une proposition capitale sur laquelle tout
(■) Ce serait ici le lieu d’examiner les belles théories de Maltbus dont l’apparition a causé parmi les tmes sensibles une espèce d’insurrection iutellecluelle; la lecture de son ouvrage aurait promptement calmé les esprits, si les clameurs de la multitude n’avaient ôté aux uns tout désir d'examen, et si trois volumes à digérer n’avaient un peu efirayé la paresse de quelques autres. '
Aujourd’hui les préveutions sont considérablement calmées et les gens ' instruits ne voient plus dans son ouvrage qu’une collection précieuse de fait exacts, liés entre eux par uue doctrine neuve et vraie. L’auteur d’un mémoire sur la Charité, présenté il y a long-temps à l’Académie en donne un extraitque jene pourrais que répéter. Je ii’en ferai donc plus aucune mention.
J’ajouterai seulement ici , par circonstance , que ce mémoire a été pour moi une pierre d’actmppement constaule , pendant que je travaillais à cet écrit. Je ne voulais pas reproduire ce qu’il avait dit beaucoup mieux que je ne pourrais le faire , et cependant je me rencontrais à chaque instant sur le mëine terrain que lui , et avec les mêmes doctrines à présenter. La misère ne touche pas par tous les points à la charité,- mais la charité touclie par tous les points à la misère.