DE LA DOCTRINE DU PRODUIT NET
l’eoiporter sur ceux qui n’auront pas des idées aussi arrêtées que les siennes; mais , si toutes les autres choses sont inégales, sa supériorité sur un seul point ne rachètera pas son infériorité sur plusieurs autres ; c’est être trop peu exigeant pour soi-même que de se contenter d’avoir une seule vertu.
Nous avons vu pourtant des races d’hommes qui, pendant plusieurs siècles , n’en n’ont pas possédé d’autre et qui , à l’aide de celle-là , ont résisté comme il sera dit ci-après, à toutes les violences et à toutes les persécutions.
Que l’amour du produit net se soit trouvé souvent isolé de la moralité qui doit lui servir de guide; qu’il ait alors dégénéré en avarice et en esprit de rapine , c’est ce qu’on ne saurait contester ; mais n’a-t-on pas vu de même l’esprit de conservation dégénérer en routine, l’esprit militaire en brigandage, l’esprit religieux en fanatisme et en hypocrisie? Peut-on raisonnablement conclure de l’abus à l’usage?
N’est-il pas facile d’ailleurs de trouver la cause de l’abus et de constater qu’il est provenu de causes tout-à-fait étrangères? Prenons l’exemple le plus frappant de tous.
Depuis la destruction de Jérusalem , les Israélites se sont répandus sur toute la surface du globe : la poursuite du produit net a paru être toujours leur passion dominante et leur principal moyen d’existence. Bien que de nombreux exemples de hautes vertus aient apparu parmi eux, il n’en est pas moins certain que leur conduite en France a donné lieu , pendant plusieurs siècles , à des reproches fondés ; on les accusait de rapacité , parce qu’ils prêtaient à de gros intérêts, vendaient cher et achetaient à bon marché. Leurs transactions étaient-elles toujours exemptes de fraudes? C’est ce que personne ne voudrait garantir. Mais quel était le régime auquel on les avait soumis? Sous quelle loi vivaientils? Quelle protection leur accordaient les gouvememens? L’Hébreu le plus probe et le plus intelligent, par cela seul qu’il était Hébreu, devait éternellement vivre hors la loi, soumis , non-seulement aux exactions des rois et des chefs