DES RÉSULTATS
d’armée, mais encore, au bon plaisir des factions et aux caprices de la populace ; tout prétexte était bon pour dépouiller ou torturer un Israélite. Dans les besoins publics, on les pressurait sans plus de ménagemens qu’on n’en observe vis-à-vis d’une éponge ou de quelqu’autre objet inanimé : dans les commotions populaires, on disposait impunément de leurs personnes; celui qui pendait, noyait ou brûlait un Juif croyait, non-seulement être irréprochable , mais encore avoir rempli le devoir d’un bon citoyen et d’un chrétien fervent ; il n’y avait rien de si absurde qui ne fût jugé bon à leur être imputé. Lorsque la disette se faisait sentir, les Israélites avaient accaparé les vivres : lorsque les maladies contagieuses désolaient le pays, les Israélites s’étaient unis aux lépreux pour empoisonner les fontaines. On ne leur faisait pas l’honneur d’un jugement et d’une exécution publique ; quelques bandits se transportaient chez eux et les y faisaient cuire à petit feu ; le pillage de leurs richesses servait de récompense aux exécuteurs, comme il leur avait probablement servi de mobile réel. Ils y gagnaient en outre assez souvent diverses récompenses spirituelles ou temporelles.
Ces rigueurs que rien ne pouvait justifier expliquent , et de reste, la conduite des Israélites du moyen-àge. Que l’on mette au même régime une population quelconque et sa démoralisation s’accomplira en peu de temps.- Les Juifs ne valaient alors ni mieux ni moins que ceux qui les persécutaient. Ils rendirent le mal pour le mal, suivant le précepte de leur religion. Il faut remarquer cependant en leur faveur ; 1° que l’initiative de la spoliation ne venait pas d’eux, puisqu’ils n’avaient pas le pouvoir en main et qu’ils n’auraient pas pu, quand même ils l’auraient voulu, rétablir dans leurs rapports avec les populations, la liberté ci la justice; 2° que leur faiblesse leur interdisait toute espèce d’acte de violence, de sorte que , quelque pût être leur désir de s’enrichir aux dépens d’autrui, ils n’employaient jamais la force : on trai-