DE LA VAINE I* ATI' RE
sien ; ce n’esi donc pas un droit précis, une part qu’il possède dans la chose , c’est une tolérance accordée dans certaines limites.
2“ Le propriétaire des terrains peut se préserver de la vaine pâture en faisant enclore son héritage d’une haie , d’un mur ou d’un fossé , nouvelle preuve que la vaine pâture n’est pas un droit ; si elle en était un , il subsisterait après la clôture comme avant.
Ou ne peut s’empêcher de reconnaître un manque singulier de logique dans cette exemption de la vaine pâture accordée à quiconque veut se clore. Il n’est sûrement pas désirable que les campagnes se hérissent de haies vives et de murs de toutes sortes : les terrains occupés par l’aubépine ou par une ligne de pierres sont perdus pour l’agriculture , et cependant on accorde des privilèges à ceux qbi rétrécissent ainsi l’étendue des terres cultivables ; et le propriétaire qui ne consent pas à sacriGer une partie de ses champs pour libérer le reste demeure grevé d’une servitude qui rend très diOicile l’adoption d’une bonne méthode de culture. 11 faut remarquer qu’ici le mal existe pur et sans mélange ; le propriétaire qui s’est clos a dépensé de fortes sommes en constructions improductives ; il a dissipé , pour arranger de la chaux et des pierres, les ressources à l’aide desquelles il
aurait amendé et fertilisé ses champs : on le récompense de
ce qu’il a fait une faute, et peut-être est-ce un devoir pour la législation , puisque c’est elle qui l’a contraint à la faire.
Il y a ici perte pour tous. Le propriétaire a payé très cher pour amoindrir l’étendue de sa culture; il s’est doublement appauvri et l’état en souffre dans la même proportion , puisque la richesse publique n’est que la réunion des richesses privées. A qui celte opération peut-elle profiter? On doit la classer parmi ces impôts, les plus détestables de tous , qui grèvent les uns sans enrichir les autres et qui n’aboutissent finalement qu’à une destruction des ressources de l’avenir.