‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 67 sur 117 · DES IMPÔTS · texte numérisé non relu

DES IMPÔTS

Il est consolant pour l’bnnianiié de songer que presque toujours les peuples qui ont voulu faire du pillage une iudusirie ont fini par la trouver peu lucrative. Klle a pu fleurir dans des siècles où une foule de nations étaient dans un étal de dissolution complète , mais aujourd’hui de tels moyens d’existence amèneraient promptement la destruction de ceux qui les auraient adoptés.

^ II. Des impôts.

On trouve encore un ' assez grand nombre de politiques qui pensent que l’impôt n’est pas une charge , ni une perle pour un état : t argent , disent-ils , ne sort point du pays ; qu’importe qu'il soit distribue par une main ou par une autre? D’autres vont plus loin et pensent que l’impôt est un revenu. Des hommes qui passent pour habiles disent hautement : Cre'ez des rentes ; vous créez juste autant de richesses réelles que d’inscriptions sur le grand livre. La science du gouvernement serait facile s’il en allait ainsi et, avec un peu de papier, on pourrait se faire beaucoup de ressources.

L’impôt est une charge nécessaire , mais enfin c’est une charge; ilestdonc convenable de le restreindre, autantqu’on peut le faire sans mettre en souffrance le service public. Cette thèse a été trop bien. établie avant moi pour qu’il soit nécessaire de reproduire des argumens qui n’ont pas été réfutés. Je présenterai seulement une considération que je n’ai pas rencontrée dans les ouvrages qui traitent de ces matières. Il y a un cas où l’augmentation de l’impôt serait réellement une augmentation de la richesse publique.

L’impôt est onéreux à cause du mauvais usage que l’on fait souvent de son produit. Le but de l'impôt est d’assurer au dehors et au dedans la sécurité.

Que les guuverneniens n’exigent de leurs peuples que ce que demandent les besoins réels des services publics , il n’y

Page 1