‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 74 sur 117 · DES HOMMES DF. I.OI · texte numérisé non relu

DES HOMMES DF. I.OI

Nous voyons coniinuelletnent, parmi les çlasses pauvres et surtout daus les caiiipagiies, des familles ruinées par des procès alasurdes qui ont trouvé pourtant des gens de loi pour les conseiller. Lorsque le cultivateur ignorant va consulter ua avocat et se livre à sa merci, sans comprendre lui-mème quel est le point en litige, il est essentiel qu’il soit assuré de la droiture de cet avocat. Or, la loi accorde à celui-ci une prime considérable dans le cas où il se détermine à mal faire.

11 n’y aurait qu’un moyen de donner aux plaideurs une . sécurité entière sur la conduite des hommes de loi : ce serait de lier la fortune de ceux-ci au succès des affaires dont ils se chargent. Je ne veux pas dire qu’en cas de perte ils devraient payer les frais , mais alors au moins ils ne devraient pas recevoir d’honoraires.

Et comme il n’est pas possible de rompre subitement les habitudes et de mettre à un nouveau régime des gens qui se sont accoutumés à l’ancien , on devrait créer une nouvelle classe d’hommes de loi qui ne différeraient des autres que parce qu’on ne les paierait pas en cas de perte (1).

Cette orgaqisation est-elle possible? Il me parait évident qu’oui i mais les moyens d’exécution ne sauraient être exposés ici.

Le code de procédureest complètement inintelligible pour tout autre qùe les initiés ; son langage est un jargon barbare, une espèce de composition hiéroglyphique dont peu de personnes ont la clef. On diminuerait le mal si on le mettait en français , ou du moins si on plaçait la traduction en regard.

^lïï. Du serment judiciaire.

Lorsqu’un juge de paix ne trouve pas une affaire suffisamment éclaircie par les pièces produites aux débats, il

(t) Celte idée n’est pas nouvelle ; c’est une de celles qui roulaient dans la télé puissante de Napoléon, et que les ,circousUiices ne lui ont pas laissé le teuips d’appliquer.

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