DES PROSPECTUS INDUSTRIELS
ainsi qu’il suit : Chacun doitexaminer avant de seugcrire; la loi n’a pat à ê’immtecer dan» de» détail» qui doivent être lautés à la charge de» particulier». Pourquoi l’actionnaire t'engage-t-il imprudemment dan» de» entreprite» qu’il ne connaît pat. En d’autres ternies , cela veut dire : tirez-vous d’affaire comme vous le pourrez et ne me demandez pas une protection qu’il n’est pas en mon pouvoir de vous donner.
Lorsqu’il y a eu un changement d’enfant en nourrice ou une substitution de personne en fait de mariage, on ne répond pourtant pas à la personne trompée: c’était à vous à prendre des reuseignemens. On vous a fait épouser une personne pour un autre? Tant pis: il fallait vous en apercevoir avant d’aller à la municipalité.
Lorsqu’un homme vend comme remplis de marchandise homogène des sacs pleins de'sable et couverts à la surface d’une couche de tabac ou de sel, on le poursuit comme escroc ; et quand l’escroquerie a été colossale, quand il s’agit de plusieurs millions au lieu de quelques écus , quand l’assertion mensongère , au lieu d’être verbale a été écrite, signée et imprimée à 30,000 exemplaires, le fait devient innocent ! On n’est plus un filou , on çst un spéculateur ; ceci rappelle le mot bien connu de l’histoire ancienne ; parce que tu vole» avec une grande armée an (appelle conquérant et, parce que je vole avec un petit navire, on m’appelle pirate. Que répondit Alexandre ? Il fit pendre le raisonneur, ce qui le dispensait de chercher une réfutation. C’est ainsique s’en tirent nos spéculateurs ; ils ne combattent pas par la logique ceux qui les attaquent ; ils se contentent de leur faire prendre des actions.
§ V. Des attaques contre la réputation des citoyens.
Ce n’est pas seulement dans leur fortune que les Français peuvent être lésés sans trouver dans lu loi une réparation
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138 DES ATTAQtES COîtTRE LA HÉPUTATION DBS CITOYENS, suffisante ; c’est aussi dans ce qu’ils ont de plus cher, dans leur réputation personnelle. On serait souvent tenté de croire que la loi a peur de la vérité et qu’elle a pris des mesures ingénieuses pour l’empêcher de se faire jour. Il arrive fré- ■
quemment que des faits faux, injurieux pour un citoyen sont
non-seulement propages par le bavardage des oisifs, mais encore imprimés dans des journaux accrédités et répandus à 10,000 exemplaires. .
Lorsque la chose arrive en Angleterre, le citoyen qui se sent innocent traduit l’accusateur devant un tribunal et le sonune de prouver ce qu’il a annoncé : si l’accusateur manque de preuves, on le condamne comme calomniatenr ; la réputation de l’homme attaqué injustement demeure complètement lavée et le blâme le plus sévère-pèse sur celui qui a calomnié. £n France, au contraire, on n’admet pas, sauf quelques cas exceptionnels relatifs aux fonctionnaires publics, la preuve des faits allégués. Qu’en résulte-t-il? Que le jugement n’éclaire personne. Le calomniateur, condamné on non , n’en affirme pas moins qu’il possédait de nombreuses preuves qu’on lui a interdit de produire et le calomnié ne sort pas blanchi de l’audience ; le public demeure dans une incertitude complète sur la vérité des faits qui ont donné lieu au procès.
Il ne faut pas croire que ceci soit étranger au sujet qui noua occupe. La probité est un des principaux élémens de la fortune publique] or, le plus puissant encouragement . qu’on paisse lui donner, c’esi de là faire connaître ; rien ne détourne plus de la probité l’homme dans le cœur duquel elle n’a pas de bien profondes racines que la pensée que per- . sonne-ne lui en saura gré et qu’elle sera même révoquée en doute par la masse inatteniive de ses concitoyens ; de môme, rien ne pousse plus à l’improbité que la certitude qu’elle ne peut pas être prouvée et qu’on ne verra jamais s’attacher à elle un blâme mérité.
Digilizit-.’
DB GASPILLAGE PAR LA SOTTISE d’aUTRüI.
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