CHAPITRE
Des corporations.
Si l’on examine les corporations de tous les temps et de tous les pays , on les trouvera composées des mêmes élémens. Leur forme a varié à riiifini , mais le fond est resté toujours le même. Une corporation est une association d’ouvriers qui possèdent le monopole de certains travaux ; leur nombre est déterminé et ils ne se recrutent qu’avec des conditions d’admission spécifiées et invariables.
Les partisans des corporations en ont nié les inconvéniens ; leurs adversaires en ont nié les avantages. Il est pourtant certain qu’elles étaient, comme presque toutes les choses humaines, mi-parties de bien et de mal. Il n’entre pas dans le plan que nous nous sommes tracé de les examiner sous le rapport politique ou social ; nous les envisagerons sous le point de vue pécuniaire, c’est-à-dire que nous rendrons compte des effets qu’elles produisent sur le bien-être des classes pauvres, sans nous enquérir de la sécurité ou des inquiétudes qu’elles peuvent donner aux gouvernemens. Les corporations seront pour nous une forme d’organisation du travail et non une puissance à demi indépendante sur laquelle peuvent s’appuyer les chefs de l’État et les chefs de parti.
L’une des causes les plus fréquentes de la misère , c’est la trop grande affluence des ouvrière dans une profession qui ne leur offre pas assez de travail. Lorsque la concurrence entre les travailleurs acquiert un trop haut degré d’intensité, les salaires tombent et le moment arrive où le travail, même à un prix réduit, ne peut plus être offert à tous. Il est évident que les corporations mettent lenrs membres à l’abri de ces causes de souffrances : un nombre limité d'ouvriers ayant ■