‹ De la misère, de ses causes, de ses effets, de ses remèdes par d'EsternoChapitre 9 sur 117 · MISÈRE PURLIUUE ET PRIVEE · texte numérisé non relu

MISÈRE PURLIUUE ET PRIVEE

pendant plusieurs jours ; c’est assez pour le soustraire aux exigences quelquefois injustes du capitaliste; si l’ouvrier ne croit pas irouver dans le salaire qui lui est offert une juste rétribution de ses efforts et un moyen suffisant pour subsister avec sa famille, il cherche ailleurs un emploi plus lucratif, et les ressources qu’il A mises en réserve le soutiennent jusqu’à ce qu’ill’ait trouvé.

Mais que fera celui qui u’a rien du tout en réserve?

Ira-t-il chercher au loin un travail incertain? mais il n'a ni le temps ni les moyens de voyager ; passera-t-il quelques jours dans l’oisiveté en attendant que le capitaliste se ravise? non ! Quand il n’a plus chez lui ni une pièce de monnaie ni un morceau de pain , il lui faut du travail immédiat.

On u’emprunte pas, on n’achète pas à crédit quand on est dans l’extrême misère, parce qu’on ne trouve nulle part ni un préteur, ni un vendeur; il faut donc qu’il travaille à tout prix, il offre ses bras pour un salaire qui ne peut le nourrir,, et c’est ici que commence la contagion de la misère.

Tout le monde sait que l’espèce humaine rie peut subsister sans une certaine consommation journalière de nourriture, vétemens et autres objets de première nécessité. Lorsque les salaires sont juste assez élevés pour subvenir à celte eonsommation, l’ouvrier ne peut rien économiser, mais il vit, et si sa position n’est pas brillante, elle peutdu moins être durable; quand les salaires descendent au-dessous du taux qui permet à l’ouvrier de se soutenir, la souffrance commence aussitêt pour lui ; celui qui possède des ressources abandonne un travail qui ne le nourrit plus , il se déplace et cherche un autre emploi ellenombredes brasqui s’offrent ayantdiminué, tandis que la masse de travail demeurait la même, le prix des journées ne tarde pas à remonter ; mais l'indigence des travailleurs oppose un obstacle invincible au jeu de ce mécanisme.

L’ouvrier qui n’a que des dettes ne peut ni quitter le pays pour chercher de l’emploi ailleurs, ni suspendre son travail pour avertir celui qui l’emploie de l’insuffisance des salaires.

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