‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 10 sur 314 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

plaudissements de plusieurs centaines de spectateurs, Ton mime effrontément tous les actes du libertinage le plus raffiné.

Les pelits théâtres en Angleterre , appelés penny -théâtres, spectacles à deux sous , sont d'une nature tellement dangereuse que Ton songe à les supprimer sans pouvoir y parvenir. « Partout où existe un penny-theatre , dit M. Talbot , le secrétaire de la Société pour réprimer la prostitution, c'est un fléau pour tout le voisinage ; on est sûr qu'il attire tous les enfants des classes pauvres pour les rendre témoins des scènes les plus immorales et les plus absurdes ; une fois qu'ils ont pris l'habitude de fréquenter ces spectacles orduriers , ils sont rapidement entraînés au vol , à la prostitution , à tous les crimes imaginables. Il y a quelque temps, il existait un théâtre de celte sorte, qui a été ouvert pendant neuf mois , dans les environs de Bagnige- JVells-Road } et qui devint à la fois si corrupteur que les autorités de la paroisse intervinrent et forcèrent le propriétaire à l'abandonner. Déjeunes femmes, perdues à ce théâtre, se sont adressées à moi pour les protéger, après avoir couru les rues , par suite de leur assiduité à ce spectacle... Les salons de danse et de musique, dans les maisons publiques autorisées , sont aussi la source d'une grande corruption et produisent les plus tristes effets. » L'auteur cite ensuite les maisons de logeurs de Saint -Gi les , du bas Westminster et de JVhite-Chapel , où se passent journellement des scènes d'une obscénité indescriptible et qu'on ne voudrait pas croire si on en lisait la description (1).

Les colonies pénales de l'Angleterre prouvent que l'homme sorti de la civilisation pour tomber en barbarie, dépasse toutes les bornes que l'imagination peut assigner à la dégradation humaine. Comme l'Irlande est le type complet de la misère, les colonies pénales anglaises sont le type parfait de l'immoralité dont l'homme est capable. Voici , en abrégeant cette hideuse description , une idée de la dépravation à laquelle l'homme peut arriver.

. « Les regards de Dieu, dit le docteur Ullathorne, vicaire général de l'Australie , dans un ouvrage qu'il a publié sur ce triste pays , les regards de Dieu ne sont jamais descendus sur un

(1) Prostitution oj'London, by Michael Ryan, p. 200.

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