CHAPITRE VI
rement expliquée par George Ramsay, dans son Essai sur la distribution des richesses , que nous venons de citer. Il prétend avec raison que les fonds qui se fixent, qui s'immobilisent pour ainsi dire, diminuent d'autant la quantité du capital circulant, par conséquent la demande du travail. C'est ainsi que les machines, les grands appareils de l'industrie, qui représentent une somme énorme de richesse retirée du fond circulant , permettent de mettre les capitaux en valeur en occupant un moins grand nombre de bras. Aussi l'introduction des machines a-t-eile facilement pour résultat la baisse et l'incertitude des salaires. Ce ne sont pas les pays les plus riches où les salaires sont plus élevés (1) ; Adam Smith nous en a donné la raison , et l'exemple qu'il a cité, en comparant les salaires aux États-Unis et en Angleterre , est encore aujourd'hui aussi concluant qu'il l'était de son temps.
Nous avons dit, dans le précédent chapitre, qu'il n'y avait pas solidarité entre les intérêts présents de la classe des capitalistes et ceux de la classe laborieuse; c'est-à-dire, que ce qui fait le mal des uns peut fort bien , pour le moment présent, faire le malheur des autres. Nous disons pour le moment présent , parce que, heureusement , d'un point de vue plus élevé, du point de vue de l'avenir, il existe plus d'un lien de solidarité entre les intérêts privés des individus ou des classes , et les intérêts généraux des peuples, et même de l'humanité tout en tière; et c'est précisément pour cela que nous avons espoir : le temps, dans sa marche bienfaisante, permettra à l'intelligence de l'homme de découvrir peu à peu les véritables intérêts qui unissent par mille liens divers les individus , les classes et les peuples.
En attendant , la divergence et l'hostilité régnent dans le monde économique; chaque nation est en guerre civile avec elle-même, en guerre ouverte avec les autres nations. Nous trouvons la constatation intelligente de ce fait dans le passage suivant , emprunté à l' Essai sur la distribution de la ri-
(î) An essai/ on the distribution ofwealth and on the sources of the taxation, by the Rêver. Richard Jones, of Gouville and Caius collège, Cambridge. ■ Lonilon , l8oL Pré/àce.
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