LIVRE ni
dont nous avons déjà fait usage, porte à 4 scheltings par semaine le prix du travail des individus des deux sexes au-dessous de 16 ans. La moyenne du salaire des femmes est de 5 sch-L la semaine (1). Les premiers ouvriers gagnent de 20 à 40 si». ; mais pour un ouvrier, il y a une multitude d'ouvriers imparfaits dont les gains ne dépassent pas 5 sli. par semaine , et le nombre des ouvriers bien rétribués diminue de jour en jour, ainsi que nous l'avons vu plus haut.
Les renseignements les plus positifs que nous possédions sur cette question sont contenus dans l'enquête commerciale de 1834 .Presque toutesles industries qui demandent pour elles la protection des tarifs de douane , parce qu'elles ne se croient pas en état de soutenir la concurrence de rélranger, basent leurs prétentions sur l'impossibilité où elles se trouvent tW. baisser les salaires de leurs ouvriers , qui ont des prétentions à bien vivre 7 des goûts de dépense qui les rendent trop exigeants (2). Selon les fabricants de poterie et faïencefranç;;; ; , ils ne peuvent pas soutenir la concurrence de l'Angleterre , parce qu'ils n'ont pas à exploiter une population de 40,000 ou vriers réunis sur 10 lieues carrées du Slraffordshire, qui dépendent exclusivement d'eux pour vivre.
Le travail des tissus occupe le trentième de la population. L'aune de calicot, qui dans le principe se vendait 5 fr. 50 c, ne valait plus que 75 c. en 1854 ; elle vaut moins aujourd'hui. Si grande que soit la part des perfectionnements de la production dans cette énorme réduction , rabaissement des salaires n'y a-t-il pas beaucoup contribué? L'industrie cotonnière , .si elle entretient encore de grandes manufactures qui ne sont pas très-prospères, a réduit les ouvriers qui l'exercent à l'impossibilité de subsister. Il est prouvé que le travail de 15 à 16 heures par jour ne permet pas à la grande majorité des pauvres ouvriers tisserands de gagner plus de 1 fr.- le nombre de ceux dont le salaire est au-dessous est plus grand assurément que le nombre de ceux qui ont le bonheur de l'atteindre. A
(1) First annual report. — Appenrfix, table signée par Joseph Tucker, teneur de livres de la maison Ashton of Hyde.
(2) Voyez, poterie et faïence, réponses de M, Hautin, octobre 1834.