CHAPITRE VI
Mulhausen, à Troyes, un tisserand ne gagne souvent que 60 c. par jour.
M. Jourdan Ribouleau de Louviers nous apprend que , pendant les embarras commerciaux qui ont suivi la révolution de juillet, les salaires ont varié environ d'un sixième. « C'est alors, dit l'honorable fabricant, pendant les crises commerciales, que les manufacturiers peuvent fabriquer à meilleur marché.»
Cette enquête constate que, en France, les salaires industriels sont environ de 20 à 40 0/0 plus élevés qu'en Belgique, nation plus avancée que nous , comme on sait , dans la carrière de la production. Le progrès aidant, nous irons infailliblement là, car les causes qui ont amené les classes laborieuses de Belgique à la condition qu'envient nos fabricants , exercent leur pleine et libre action chez nous. La concurrence des capitaux , et surtout du négoce , existe pareillement chez nous.
M. Mimerel, de Turcoing, affirme que les enfants dont le salaire est environ de 10 à 12 sous par jour composent la moitié des travailleurs.
M. Caignard de Rouen , nous donne les renseignements suivants sur la baisse des salaires. En 1817 , il a payé 1 f. l'aune pour le tissage d'une cotonnade de 18 pouces de large; l'ouvrier pouvait en faire 5 aunes par jour. Maintenant, en 1854, il ne paye plus que 40 à 45 c. par aune pour la façon d'une étoffe de 46 pouces de largeur. La façon d'une pièce de 110 à 120 aunes ne se paye que 20 francs.
M. Fontaine-Gris, fabricant de Troyes, déclare que, depuis 1816, les salaires ont diminué de 25 p. 100. « Celte diminution provient, dit-il, d'une plus grande habitude du travail et d'une plus grande concurrence parmi les ouvriers. »
M. Henriot , de Reims, se fait remarquer dans sa réponse par une franchise que nous regrettons de n'avoir pas toujours rencontrée chez le plus grand nombre des fabricants ses confrères. « Si nous voulons maintenir la tranquillité , dit-il , il devient urgent de ne plus diminuer le prix de la main-d'œuvre qui a varié trop souvent et rarement au profit de l'ouvrier, »
Il nous faudrait copier l'enquête si nous voulions rapporter tous les faits qui constatent l'insuffisance , la mobilité , Pin- 2 12