‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 146 sur 314 · LIVRE ïïï · texte numérisé non relu

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Doit-on s'étonner après cela du nombre toujours croissant des faillites qui moissonnent les rangs de ce petit négoce? Le tribunal de commerce de Paris déplor e le grand nombre des faillites qui n'ont que des dettes et pas de ressources , un passif et pas d'actif. On va même jusqu'à songer aux moyens d'empêcher ces établissements imprudents qui exagèrent le nombre des détaillants et font du négoce une spoliation , et on conclut hardiment qu'il y a quelque chose à faire. Le président actuel de la chambre du commerce redemandait formellement, l'année dernière , comme remède à l'anarchie commerciale , le rétablissement des corporations (1).

Nous croyons que l'homme fait injure à son intelligence , quand il accepte comme des maux nécessaires ces tristes inconvénients d'un mode imparfait de consommation , quand il désespère d'affranchir le travail productif du tribut qu'il paye aux parasites du petit négoce. Le progrès de l'instruction dans le peuple, l'intelligence de ses véritables intérêts, secondés par la î nielle bienveillante du pouvoir, ne parviendront-ils jamais à lui apprendre les moyens économiques de se procurer les avantages delà consommation en grand? Les salariés ne pourraientils pas s'associer pour consommer à meilleur marché de meilleurs produits ? Ce moyen est si simple que déjà il a été essayé plus d'une fois, et toujours avec un commencement de succès ; mais les difficultés pratiques sont si nombreuses que les essais d'association n'ont pas encore donné les résultats qu'on devait en espérer. Cela se conçoit facilement quand on réfléchit au long travail historique qu'il a fallu pour amener les hommes à se réunir en grandes sociétés, comme la nôtre, qui n'est pourtant encore qu'une association imparfaite. L'Angleterre nous a déjà donné l'exemple d'un grand nombre de petites associations , ordinairement connues sous le nom de coopérative societies , dont quelques-unes ont évidemment pour but la consommation en grand. 11 y eut même à Londres un journal spécialement fondé .pour propager les habitudes et les bienfaits de l'association (2). Mais l'essai le plus curieux a élé fait à

(1) Voyez Discours de M. Pepin-Lehalleur, président du tribunal de commerce.

(2j Coopérative magazine.

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