‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 178 sur 314 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

t> soixante bourgeois , et l'on commence demain à pendre. » Cette province est un bel exemple pour les autr es. » (Lettre à sa fille, 5 octobre 1675.) Et dans une autre lettre elle ajoute : « Vous me parlez bien plaisamment de nos misères; nous ne » sommes plus si roués; un en huit jours pour entretenirla jus- » lice (1). » Je doute que . sous l'empire des lois actuelles de l'industrie, il y ait plus de communauté morale entre les maîtres et leurs ouvriers, qu'il n'y en avait au dix-septième siècle, entre de pauvres paysans et bourgeois et une belle dame de la cour.

Le vice est donc une partie de la misère : il ne peut être efficacement attaqué que dans les causes premières de la misère elle-même.

La race irlandaise est la plus misérable de toutes les races européennes; c'est la plus vicieuse, la pius dégradée, celle qui s'abandonne le plus à la passion de l'ivrognerie , et aussi la plus sale. Si l'on ignorait que la race irlandaise n'est pas seule responsable de sa misère, elle mériterait le mépris que les Anglais ont pour elle. Après avoir violemment déprimé ce pauvre peuple, l'Angleterre a la cruauté de le rendre exclusivement responsable de sa dégradation.

Voici quelques traits du tableau que nous fait de l'Irlande M. George Nicholls, chargé de visiter ce pays dans le but d'y préparer l'introduction de la loi des pauvres : « Quand on entre dans un village, dit M. Nicholls, on voit souvent la femme et les enfants assis sur la terre , entourés de cochons et de volaille, au milieu du fumier, l'homme accroupi à la porte , que l'on ne peut approcher sans traverser de la fange; l'homme est trop indolent pour nettoyer les approches de son habitation, la femme trop insouciante pour balayer la chambre dans laquelle ils vivent. Si vous exprimez quelques observations aux paysans eux-mêmes, si vous essayez de raisonner avec eux et de leur montrer avec quelle facilité ils pourraient améliorer leur condition et augmenter leur bien-être, ils s'excusent tous de ne pas le faire sur leur pauvreté. Une femme et ses enfants sont-ils sales , leur cabane immonde, baignée par un courant

(1) Voyez De la démocratie en Amérique, par M. de Tocqueville, t. iv, p. 6 et 7.

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