SECTION PREMIÈRE
De la charité publique et privée.
II n'est pas besoin d'insister sur l'insuffisance des remèdes appliqués à la misère, dans les sociétés où elle se manifeste avec toute son énergie ; les faits nombreux contenus dans cet ouvrage proclament assez éloquemment l'inefficacité des moyens à Paide desquels on essaye de secourir les populations en détresse. Telle est la violence du mal , qu'il trouve des aliments dans les obstacles qu'on lui oppose, et retourne contre la société les armes avec lesquelles elle entreprend de le combattre. Si nous en croyons la nouvelle administration des pauvres en Angleterre, l'ancienne charité paroissiale faisait plus de misérables qu'elle ne soulageait de pauvres. La subvention des paroisses agissait sur les populations pauvres de la même façon que la charité prodigue des couvents agissait autrefois sur le peuple d'Espagne : elle encourageait la paresse, avilissait le caractère et gâtait la moralité. Habituant les classes pauvres à compter sur d'autres moyens d'existence que le travail , elle brisait pour