‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 201 sur 314 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et le produit de ses souscriptions s'élève à 1,059 1. Mais ces ressources étaient loin de suffire à la misère croissante , et, dans son neuvième rapport, la Société de prévoyance de Liverpool reconnaît que le mai est plus puissant que tous ses efforts. Depuis 1834, les souscriptions et donations tendent à diminuer et la misère s'accroît toujours (1)! La ville de Manchester emprunta bientôt à sa voisine l'institution de prévoyance que s'approprièrent ensuite presque toutes les villes manufacturières des comtés voisins.

Les sociétés de prévoyance sont à notre avis ce que la charité volontaire a produit de mieux.

Si nous écrivions un traité sur la bienfaisance , nous aurions à parler encore de beaucoup d'autres combinaisons en faveur de l'indigence, d'une foule d'institutions charitables, fondées soit par la générosité de quelques individus, soit par des contributions volontaires, comme des hôpitaux et maisons de refuge , asiles et écoles. A Londres seulement et dans les environs, on compte 400 sociétés qui ont pour objet une œuvre de bienfaisance. L'enquête sur les charités (2) qui a demandé vingt ans pour être achevée et coûte 200,000 1. st., nous apprend que les établissements charitables , fondés par la munificence privée, jouissent d'environ un million de livres sterling de revenu.

Et avec une charité aussi abondante , aussi prodigue , la misère est ce que nous l'avons vue en Angleterre ! Est-il besoin de dire que les remèdes que nous venons d'étudier n'ont pas le pouvoir de la guérir. En présence d'une telle société , Malthus et son système ne sont-ils pas en droit de penser que les secours accordés à l'indigence ne sont que des encouragements donnés à l'accroissement de la population misérable , et que le seul moyen de repousser la misère , de lui faire lâcher prise , c'est d'arrêter la fécondité de l'espèce humaine !

(1) Ninth annual report of the Llvorpool provident Society for the year 1838-1839.

(2) Inquiry concerning endowed charities, — Formant plus de 30 volumes in-folio.

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