‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 204 sur 314 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

grandes villes, et nous croyons devoir en dire ici quelques mois. Dans beaucoup de villes anglaises, la bienfaisance privée a élevé des espèces d'instituts à l'usage des classes pauvres, généralement désignés sous le nom de Mechanic's institution. Celui de Manchester, que nous avons visité et étudié, pourra en donner une idée ; c'est à la fois une école, un cabinet de lecture, un salon de conversation et de musique. C'est un lieu de refuge, un asile moral ouvert à la population laborieuse, qui malheureusement n'en profite guère. 164 ouvriers seulement ont fréquenté les cours et la bibliothèque de l'institution pendant l'année 1859. La petite rétribution exigée (2sh. par trimestre) empêche beaucoup d'ouvriers, par exemple les tisserands à la main, de profiter du bienfait de cette institution. Dans l'avenir, c'est à des établissements de ce genre qu'il faudra recourir pour arracher la population laborieuse aux amusements grossiers et corrupteurs, qui convertissent le repos du cor-ps en moyen d'abrutissement pour l'esprit. Un fait curieux et qui témoigne des favorables dispositions des ouvriers souscripteurs, c'est que, pour 164 membres delà société ayant droit à la bibliothèque, il a été prêté 102 volumes par semaine. Le salon de lecture réunit environ 25 membres chaque soir; sur les tables se trouvent quelques journaux et les meilleurs ouvrages périodiques (1).

L'Église établie d'Angleterre s'est mise à la tête d'une immense société d'éducation, qui fait tous les ans, dans la cathédrale de Saint-Paul, une magnifique exhibition de quatre à cinq mille enfants , disciples des écoles instituées par cette société. Je ne crois pas beaucoup aux bienfaits de l'éducation nationale par le clergé, mais n'eût-elle fait que réunir annuellement ce grand nombre de petits écoliers pour célébrer avec pompe une sorte de fêle de l'éducation et de l'enfance, elle aurait rendu un service et donné un bon exemple. Celte fête, à laquelle nous avons assisté le 4 juin 1840 , nous a rendu témoin du plus beau spectacle que nous ayons jamais vu ; il nous a permis de nous faire une idée de l'influence que des fêtes sagement

(1) Report ofthe directors ofthe Miles Ptatting mechanic's institution. Manchester, 1840.

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