‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 22 sur 314 · LIVRE Iï · texte numérisé non relu

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occupé , et il ne Tétait pas toujours , gagnait 4 schellings par semaine , les frais déduits ! Mais , hélas! les tisserands qui représentent encore l'antique honnêteté de leur classe, deviennent moins nombreux de jour en jour, et les jeunes générations qui sont nées au milieu de l'extrême misère , en ont à la fois les souffrances et les vices. Ce fait est trop important pour que nous ne le confirmions pas ici par une citation. « Sous le rapport de l'intelligence et de la moralité, dit encore M. Symons,les tisserands forment deux classes distinctes, entre lesquelles l'âge peut servir de démarcation presque absolue. La classe âgée conserve encore, malgré l'influence corruptrice de la misère, une grande partie des qualités morales et intellectuelles qui la distinguèrent si longtemps, et d'une façon si remarquable , parmi les autres artisans de l'empire... La classe jeune, au contraire, est ignorante , dépravée , et elle s'abandonne aux habitudes grossières (1). » N'oublions ni le fait , ni cette précieuse citation : ils nous serviront plus loin de démonstration convaincante , lorsque nous aurons à étudier les véritables causes de la misère et des vices qui l'accompagnent.

La condition des tisserands à la main en France est à peu près la même qu'en Angleterre; cependant elle est généralement moins extrême. Mais ici , comme de l'autre côté de la Manche, cette industrie est frappée de mort. L'ouvrage de M. Villermé nous fournirait une multitude de faits analogues à ceux de l'enquête anglaise sur les tisserands à la main, pour démontrer que, dans l'industrie du tissage, le travail de l'homme, prolongé pendant quatorze à quinze heures par jour, n'est plus en état de le faire vivre (2).

Voilà donc une classe importante de travailleurs que les

qui s'efforçait d'être propre avec des guenilles, cette conversation intelligente, le regard et le sourire qui raccompagnaient, me firent éprouver une impression semblable à celle qu'on doit éprouver sur le bord d'un abîme, dans lequel les regards se perdent sans en atteindre le fond.

(1) Handloom Weavers Inquiry, part, i, Report from S y mous, p. 44.

(2) Tableau de l'ctat physique et moral des ouvriers, — < Villermé) t. i, p, 25-348.

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