‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 226 sur 314 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DES RÉFORMES SOCIALES QUI DOIVENT FAVORISER ET PRÉPARER LA CONSTITUTION DE L'ÉCONOMIE PUBLIQUE. — DU DROIT DE PROPRIÉTÉ ET DE L'EXERCICE DE CE DROIT.

L'exemple des législations antiques démontre, dans notre opinion, que l'initiative des réformes, lorsqu'il s'agit de replacer un peuple dans de meilleures conditions d'existence , doit partir d'en haut, émaner d'une volonté forte et éclairée. Le peuple ne peut que vouloir être sauvé, et confier à cet effet sa puissance à des nommes capables de concevoir les réformes et de les accomplir. Il n'y a que deux manières de procéder en pareil cas : lorsque le gouvernement d'un peuple , plusieurs fois sommé par le vœu public de mettre la main aux réformes les plus urgentes, refuse d'obéir et se déclare même le défenseur des abus à détruire, alors la nation, n'espérant plus rien de la bonne volonté ni de l'intelligence de ses chefs, s'irrite et puis s'insurge contre un pouvoir assez aveugle ou assez audacieux pour lui barrer l'espérance; dans ce cas, la réforme débute par une révolution , et l'avenir du peuple est aventuré aux chances toujours douteuses d'un combat. C'est ainsi que la France a procédé il y a un demi-siècle. Dans cette épreuve terrible qui nous a coûté une si large dépense de courage , de sang et de richesse, nous n'avons à regretter qu'une chose, c'est d'avoir été forcés de la subir; c'est d'avoir payé si cher un bien qui pouvait s'obtenir à meilleur prix, s'il nous avait été permis de procéder autrement! Supposons , par exemple , que les chefs de la nation comprennent eux-mêmes la nécessité des réformes, et qu'ils aient la générosité de mettre leur force et leur intelligence au service de l'intérêt public; dans ce cas, la révolution est supprimée; la réforme commence sans attendre la fin

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