‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 237 sur 314 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

plutôt les ordonnances de police , car tout est confondu , tout est à débrouiller en cette matière , prescrivent à certaines industries, au nom de la salubrité , remplacement qu'elles doivent occuper; pourquoi ne pas étendre cette large mesure à l'industrie tout entière, et préparer ainsi une meilleure distribution de la population sur le sol du pays ? Dans les sociétés où toutes les forces ont besoin d'être réglées avec la plus admirable sagesse , pour ne point se perdre ou devenir ennemies, je pense qu'il ne faudrait pas un demi-siècle encore de laisserfaire pour tuer les peuples les plus robustes.

Lorsque la société aurait ainsi confié des populations au capital, elle ne les abandonnerait pas sans protection à son bon plaisir absolu : une solidarité économique et morale , garantie par la loi, devrait unir les ouvriers au propriétaire de leur travail, et les entrepreneurs de travail aux ouvriers. La loi constituerait sur des bases équitables la famille ou mieux la commune industrielle. Au lieu de faire valoir ses griefs par les coalitions et la violence, l'ouvrier aurait, au moyen d'institutions dont les conseils de prud'hommes actuels peuvent donner une idée, la faculté de les exposer légalement , devant des arbitres acceptés par les deux partis , par les ouvriers et par les maîtres. Ces conseils de famille industriels , dans lesquels l'élément du salaire devrait être plus justement représenté que dans les conseils de prud'hommes, seraient la véritable représentation de l'industrie, qui aurait ainsi sa place dans la constitution de la commune et de l'État. Nous ne pouvons pas exposer ici les applications de ce principe, et nous y reviendrons plus loin , lorsque nous essayerons d'esquisser les traits principaux de la constitution que réclame l'industrie. Le but de rapprocher les entrepreneurs et les ouvriers , une fois posé avec franchise, il ne faudrait pas de grands efforts d'intelligence pour l'atteindre : il suffirait de vouloir. Les réformateurs de l'Angleterre nous envient nos conseils de prud'hommes, dont ils se proposent de faire un instrument de paix et d'union entre les classes aliénées qui concourent à la production; mais s'ils nous empruntent le germe de celle institution, j'ai la certitude qu'ils le développeront avantageusement et lui feront produire les plus heureuses conséquences.

L'exercice de la vie publique est pour un peuple une sorfp

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