‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 272 sur 314 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Il nous faudrait écrire loul un traité spécial, si nous voulions appliquer la théorie de l'impôt dans tous ses détails, et surtout le suivre dans sa répartition. Qu'il nous suffise de rappeler ce que nous avons dit plus haut, que toute dépense superflue et improductive est une cause de misère publique et de misère privée; que plus les agents du gouvernement sont nombreux, plus les producteurs ont de consommateurs à entretenir de leur travail. D'ailleurs la mise en pratique de la réforme financière que nous esquissons, aurait pour conséquence forcée une réforme correspondante dans la nature et dans le chiffre des dépenses publiques.

Nous croyons devoir encore appeler l'attention sur l'un des effets bienfaisants d'une loi d'hérédité qui reconnaîtrait le droit de la société à une part de l'héritage et en réglerait l'exercice. Les nations les plus avancées , comme la France et l'Angleterre , sont grevées de charges onéreuses, d'emprunts écrasants, qui sont pour les générations nouvelles une véritable servitude, dont elles n'ont, cela est prouvé par les faits, aucun moyen de s'affranchir. Le remboursement des emprunts est impossible. La réduction partielle de la dette d'Angleterre ne prouve rien, car elle est plutôt le résultat d'une conversion de l'intérêt que d'un remboursement. Et cependant il faut que les nations, sous peine de banqueroute ou de ruine totale , trouvent le moyen d'éteindre leur dette. Je suppose que l'Angleterre se retrouve placée dans des circonstances analogues à celles où le dixneuvième siècle l'a trouvée ; serait-elle capable des mêmes efforts ? et une dette qui exige aujourd'hui sept cent millions de revenu pour en solder seulement l'intérêt, lui permettraitelle d'employer dans une crise décisive toutes les ressources qu'elle a dépensées dans ses luttes contre Napoléon? Et la France, si elle avait à se défendre encore une fois contre le monde , ne serait-elle pas forcée de doubler sa dette , de dévorer d'avance les produits de l'avenir, et d'imposer aux générations futures une écrasante servitude? Tout emprunt contracté par une nation, sans avoir le moyen de le rembourser en deux ou trois générations, est un vol fait à l'avenir j et j'ai la certitude, si nous ne faisons pas mieux que nous n'avons fait jusqu'ici, que nos descendants n'accepteront notre succession que sous bénéfice d'inventaire > et qu'ils se résigneront

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