CHAPITRE IX
jours un fonds inépuisable de production , et par conséquent les plus vifs encouragements, les plus riches récompenses pour le travail. Nous supposons bien entendu que celte nation est assise sur un sol assez étendu et assez fertile pour la faire vivre, et que de plus , elle possède déjà dans les capitaux accumulés des instruments suffisamment énergiques de production. C'est le cas où se trouve heureusement la France , si bien préparée, par les conséquences de ses révolutions et par les progrès incessants des besoins et des sentiments démocratiques, aux réformes économiques d'où dépendent le salut et le bonheur des nations.
Ainsi, dans notre nation définitivement et franchement constituée sur les principes qu'elle a proclamés, la consommation ne manquerait jamais au travail : il ne s'agirait plus que de faire en sorte que le travail ne manquât jamais aux besoins de la nation , ce qui ne pourra être obtenu que par une bonne organisation de l'atelier du travail. Pour qu'on ne nous reproche pas, et on serait en droit de le faire, d'exprimer seulement un souhait magnifique , nous dirons ici en toute modestie ce que nous entendons par organisation du travail. On sait déjà à quelles conditions cette organisation si ardemment invoquée aujourd'hui est possible. Le fonds du travail est assuré, les instruments sont prêts , à la portée de ceux qui savent et veulent en user : il faut maintenant que le travail suffise à la satisfaction des besoins de la société, et pour cela qu'il devienne un facile moyen de bien-être et d'indépendance. Des institutions réglementaires auraient-elles le pouvoir de produire un si heureux résultat ?
Jusqu'à ce jour, l'intervention du pouvoir dans le régime économique des nations a été si peu intelligente et si funeste , qu'on a regardé avec raison le laisser-faire absolu, l'abdication de toute espèce de surveillance et de contrôle, comme le plus grand bienfait que l'industrie devait' attendre des gouvernements. Jusqu'à ce jour, les gouvernements, il faut le dire, ne se sont occupés du travail que dans des intentions de fiscalité ou de monopole, et c'est delà que vient le malentendu qui règne encore dans les sciences économiques, et qui confond la liberté industrielle avec l'anarchie.
La législation industrielle, comme toutes les autres parties 2 23