‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 284 sur 314 · CHAPITRE ÎX · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎX

fessions d'avoués, de notaires, ont su se conserver, sans la surveillance constante exercée par les chambres de discipline ? Si ces professions n'avaient pas leur police intérieure qui protège le corps contre la cupidité trop impatiente de ses membres, elles seraient réduites depuis longtemps' aux extrémités où la concurrence sans li miles a poussé le plus grand nombre des industries. Si donc elles ont conservé de la sécurité, ou même de la considération, lorsque de toutes les professions ce sont celles qui provoquent le plus à la malhonnêteté par la facilité et les profits de la fraude, n'est-ce pas à leur organisation qu'elles le doivent?

Et qui empêcherait l'industrie d'avoir son gouvernement et sa police? Elle ram ait déjà , je n'en doute pas , si elle avait pu se les donner! Mais comment amener tous les individus qui concourent à la production à se concerter et à s'entendre sur la législation qu'il convient de donner à la grande fonction qu'ils servent tous, sous des formes si variées , en des lieux si divers? Eh bien! c'est là ou jamais pour le gouvernement l'occasion d'intervenir; c'est à lui, s'il comprend son devoir, à faire pour tous ce que chacun ne peut pas faire pour soi.

Voici, en quelques mots, l'idée que nous nous faisons de la constitution de l'industrie. La forme du gouvernement de l'industrie devrait être la forme représentative. Chaque industrie aurait, comme les anciennes corporations , ses magistrats élus par les maîtres et par les ouvriers , qui composeraient pour chaque métier une chambre syndicale , ou plutôt un conseil de famille, dans le sein duquel se décideraient les affaires de la profession ; le conseil de famille de chaque métier arrêterait à certaines époques le taux des salaires , sanctionnerait les contrats d'engagement des ouvriers et garderait en dépôt les livrets. Chaque homme du métier aurait droit d'assister aux .séances du conseil, et c'est devant lui que se feraient les engagements des ouvriers. Un entrepreneur de travail ne pourrait renvoyer aucun de ses ouvriers sans en prévenir une quinzaine d'avance le conseil, et de même l'ouvrier avant de quitter son atelier serait tenu de remplir la même formalité. Le conseil de famille de chaque métier serait l'agent d'association, le bureau de bienfaisance et de secours mutuel des ouvriers de la profession; il devrait dresser fous les mois un compte du mouve-

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