CHAPITRE IX
plus qu'on ne la cherche , et qu'il faudra y triant découvrir. J'abandonne les indications que j'ai données comme des ébauches imparfaites , à la correction , et même à la critique sévère des hommes plus compétents que nous ne le sommes dans les détails de cette matière ; nous ne défendons que les principes ; pourvu qu'ils soient appliqués, peu importe comment, tous nos vœux seront remplis. Nous avons dit, mal sans doute, ce que nous désirions; que d'autres plus savants et plus habiles disent ce qui doit être, et tracent d'une main plus assurée le plan de l'avenir. Quant à nous, notre tâche est remplie. Que chacun remplisse la sienne !
Quelques mots seulement sur la fonction commerciale , qui a grand besoin de participer aussi à cette organisation que nous provoquons de nos faibles efforts.
C'est surtout dans la fonction des échanges , que l'anarchie économique se manifeste par de plus désastreux effets. Le commerce, qui est en principe une forme nécessaire de production , une fonction indispensable aux sociétés , n'est plus guère, en grande partie du moins, qu'une fonction parasite, doublement funeste à la communauté par le trop grand nombre d'agents superflus qu'elle emploie , et par le mal direct que ces agents lui causent.
Le commerce, c'est la force qui transporte toutes les denrées sur le point où elles doivent être transformées par le travail ou consommées ; c'est le munilionnaire de l'industrie et l'approvisionneur général de la consommation; par conséquent, le commerce est la fonction intermédiaire entre la production et la consommation. Mais l'intermédiaire doit-il être institué pour servir ou pour nuire! évidemment, pour servir ; or, dans l'état actuel du commerce, je crois qu'il fait payer trop cher ses services, et que souvent même il tourne directement sa force contre les producteurs et les consommateurs , c'est-à-dire , contre toute la société (1). Nous avons signalé ailleurs les principaux inconvénients de notre régime commercial , et nous n'y reviendrons pas : d'ailleurs assez de faits publics, patents, démontrent que le monde du négoce n'est pas le meilleur des
(1) Voyez livre in, ch. vu.