CHAPITRE IX
de la valeur contre un billet de son émission, à une certaine échéance , et portant intérêt jusqu'à l'échéance (1). Le crédit industriel consisterait dans une avance faite par la banque de l'industrie sur les marchandises en entrepôt : ce serait l'admirable système des warrants des docks anglais , qui constitue, selon nous, la supériorité du commerce anglais sur le nôtre. Là, en Angleterre, le producteur n'est pas forcé de vendre immédiatement sa marchandise à époque fixe , contre une simple promesse de payement, il peut attendre l'occasion et l'acheteur au moyen du système des warrants. Les entrepôts publics, ceux des docks de Londres, peuvent servir de modèle; ils délivrent au dépositaire un connaissement de la marchandise, indiquant la quantité et la valeur, et, sur ce litre , le dépositaire obtient chez tous les marchands de monnaie l'avance des deux tiers au moins de la valeur à un prix modéré. Pourquoi ne pas donner à notre industrie les bienfaits de ce système en le généralisant, en établissant dans tous les centres de production des entrepôts publics, délivrant des litres escomptables aux deux tiers par les comptoirs de la banque de l'industrie ? Quand nous parlons de banque foncière, de banque de l'industrie , nous supposons que la nation aurait la sagesse de créer chez elle une banque unitaire, avec des caisses spéciales pour l'agriculture et l'industrie. Rien ne serait plus simple, et parlant plus solide qu'un tel système de crédit. La banque ne serait plus un établissement qui a le privilège de retirer des profits d'un capital qu'elle n'a pas , car les banques nationales et autres ne sont pas autre chose : elle serait un vaste bureau de vérification des valeurs, un vaste hôtel des monnaies qui communiquerait à toutes les valeurs réelles le caractère de valeur échangeable. A chaque titre ne correspondrait pas une valeur d'opinion , de crédit comme on dit , mais une valeur positive , saisiisable , réelle. Alors gii n'achèterait plus les produits de l'industrie avec des promesses de payement , mais on échan-
(1) Voyez De la liberté commerciale, du crédit et des banques, avec projet d'une banque générale du crédit et de l'industrie , par Louis B. Gastaldi. — Turin, 1840. — Livre remarquable, bien qu'écrit en mauvais français , qui contient l'idée du véritable crédit , que nous appelons ici le crédit réel.